TUNISIE
07/03/2016 05h:08 CET | Actualisé 07/03/2016 05h:16 CET

Un Nobel de la paix tunisien interdit d'entrée au Bahreïn

Members of the leftist UGTT union walk back during clashes with League members during a rally to commemorate  the 1955 assassination of a historic member when they were attacked by the League for Protection of the Revolution, Tuesday, Dec.4, 2012 in Tunis.  League members are considered to be close to the Ennahda Party, which dominates Tunisia’s post-revolution coalition government (AP Photo/Amine Landoulsi)
ASSOCIATED PRESS
Members of the leftist UGTT union walk back during clashes with League members during a rally to commemorate the 1955 assassination of a historic member when they were attacked by the League for Protection of the Revolution, Tuesday, Dec.4, 2012 in Tunis. League members are considered to be close to the Ennahda Party, which dominates Tunisia’s post-revolution coalition government (AP Photo/Amine Landoulsi)

Le Bahreïn a refusé l'entrée à deux dirigeants du syndicat tunisien (UGTT), prix Nobel de la paix 2015, quelques jours après que cette organisation a dénoncé le classement par des pays du Golfe du Hezbollah libanais comme "terroriste", a indiqué dimanche l'UGTT.

Les deux responsables tunisiens, Noureddine Taboubi et Abdelkrim Jrad, comptaient assister à un congrès de l'Union des travailleurs à Bahreïn mais n'ont pas pu entrer samedi dans ce royaume "en raison du refus de l'UGTT de la classification du Hezbollah comme organisation terroriste", a précisé le syndicat dans un communiqué.

Dans une déclaration à la radio tunisienne privée Mosaïque FM, le porte-parole du syndicat Sami Tahri a dénoncé "une pratique non démocratique" et "contraire aux lois internationales".

Mercredi, les monarchies sunnites du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Qatar, Bahreïn, Koweït, Emirats arabes unis et Oman) ont classé comme "terroriste" le Hezbollah, un qualificatif ensuite repris dans la soirée par les ministres de l'Intérieur des pays arabes réunis à Tunis.

Le lendemain, l'UGTT, Nobel de la paix en 2015 au titre du dialogue national ayant permis en 2013 de sauver la transition démocratique en Tunisie, avait dénoncé "une décision "étrange" prise "dans le cadre d'une offensive dirigée par des forces étrangères et régionales pour diviser la nation arabe et détruire ses forces au profit des forces (...) sionistes et rétrogrades".

Le syndicat avait aussi exhorté le gouvernement tunisien à se désolidariser de la mesure, "qui ne sert ni l'intérêt du pays, ni celui de la nation arabe" et demandé à "toutes les forces nationales et démocratiques de faire face à cette décision".

La diplomatie tunisienne a affirmé vendredi que la déclaration du Conseil des ministres arabes de l'Intérieur "ne contient pas une classification du Hezbollah comme organisation terroriste".

Ce classement par les monarchies du Golfe a suscité des critiques en Tunisie, un pays sensible à la cause palestinienne. Or le Hezbollah n'a de cesse de critiquer l'occupation israélienne des territoires palestiniens et a mené en 2006 une guerre contre l'Etat hébreu.

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