MAROC
07/03/2016 10h:16 CET | Actualisé 07/03/2016 10h:20 CET

Mounira Bouzid El Alami, de la psychanalyse à l'associatif tangérois (PORTRAIT)

Mounira Bouzid El Alami, présidente de l'association Darna.
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Mounira Bouzid El Alami, présidente de l'association Darna.

PORTRAIT – Édifier une école de la citoyenneté et du savoir ouverte aux enfants, aux jeunes filles et aux femmes issues de milieux démunis. C’est le pari initié il y a vingt ans par la psychothérapeute et militante Mounira Bouzid El Alami.

Après des études de psychanalyse en France, Mounira Bouzid El Alami, 72 ans, rentre au Maroc et s’installe à Tanger où elle ouvre un cabinet de psychothérapie.

"Je n'étais pas satisfaite de ma situation car je n'étais au service que de l'élite, alors j'ai décidé de fermer mon cabinet et de m'engager auprès des enfants en situation difficile, qui ont vraiment besoin d'un accompagnement et d'un soutien, à même de devenir de bons citoyens qui servent leur patrie", précise aujourd’hui cette native de Tamlelt, un village relevant de la province de Marrakech, à la MAP.

"Mon combat veut restituer aux gens leur territoire, les inclure dans la ville au lieu de les marginaliser" confiait en 2010 au journal Le Monde celle qui milite depuis l’âge de 17 ans pour "un Maroc des droits" à travers le Centre culturel d'initiatives citoyennes, dénommé association "Darna", qu’elle a fondée et préside toujours aujourd’hui.

Disposer d’une source de revenu stable

Créé en 1995, le centre veut venir en aide aux enfants et aux femmes victimes d'une grande précarité, tout en leur apportant le soutien nécessaire et une formation adéquate, dispensés par des éducateurs et des sociologues pour garantir leur insertion socio-professionnelle. Une mission caractérisée par "le manque de soutien de la part des élus et des autorités locales à ce projet citoyen", déplore toutefois Mounira Bouzid El Alami.

Il s'agit également d'un centre d'apprentissage de savoirs cognitifs et métiers visant à aider les bénéficiaires à disposer d’une source de revenu stable et, ainsi, contribuer à la promotion de l'économie locale et nationale.

Reconnue d’utilité publique, l’association compte six structures d'accueil. Elle accueille plus de 140 enfants âgés de 8 à 19 ans et environ 120 femmes par jour, qui bénéficient de cours d'alphabétisation et de sessions de formation dans des métiers tels que le tissage, la peinture et la couture. Des lieux de vie et de partage qui s'inscrivent aussi dans une tentative de restitution et de valorisation du patrimoine immatériel tangérois.

Une expérience associative couronnée par l'élaboration d'un ouvrage, "Une tentative pédagogique envers les personnes démunies menée par l'association Darna dans la ville de Tanger entre 1995 et 2015". Composé de 5 tomes, cet ouvrage est illustré de photographies sur l'expérience de l'association, ses structures et ses réalisations.

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