ALGÉRIE
07/03/2016 05h:33 CET | Actualisé 07/03/2016 05h:40 CET

Ce que dit en "off" un diplomate algérien: la balle est dans le camp des libyens

Vue aérienne de Tripoli, la capitale libyenne
Afp
Vue aérienne de Tripoli, la capitale libyenne

L'Algérie a réitéré par la voix de son ministre des affaires étrangères, Ramtane Lamamra, son opposition a une "aventure militaire" en Libye qui, avait-il indiqué jeudi dernier, n'engendrera que "davantage de destruction et de pertes humaines".

En "off", un diplomate algérien estime dans une déclaration à El Khabar, que l'intervention militaire en Libye est en tête de l'agenda des Occidentaux même s'ils affirment qu'une telle perspective est tributaire d'une demande d'un gouvernement d'union nationale libyen.

Pour la diplomatie algérienne, cela relève de la communication de diversion car un gouvernement d'union nationale rendrait, plus que jamais, inutile une intervention étrangère en Libye. Par contre, une intervention militaire occidentale rendrait impossible la formation d'un gouvernement d'union.

Le diplomate en "charge du dossier libyen" souligne, cependant, que les efforts entrepris pour résoudre la crise libyenne sont arrivés à la "dernière ligne droite" et que la balle est désormais est totalement dans le camp des parties libyennes qui "doivent faire vite avant qu'il ne soit trop tard".

Pour l'heure, le dossier libyen subit les conséquences des "interférences des grandes puissances et aussi de pays qui ont des agendas politiques et sécuritaires et économiques.

Dans les faits, estime le diplomate algérien, la Libye est menacée de partition comme cela est le cas pour la Syrie ou le Yémen.

LIRE AUSSI :

Alger insiste sur l'impératif d'une solution politique en Libye

Renzi ne refera pas les erreurs de Sarkozy et Cameron et n'enverra pas 5000 soldats italiens en Libye

L'Algérie est-elle hors du coup dans le dossier libyen? Non, répond le diplomate. "Les Libyens savent très bien ce que nous avons fait pour faire sortir leur pays de la crise. Le fait que le monde entier parle de la solution politique est le fruit de la position algérienne".

L'Algérie, a-t-il indiqué, a déjoué un plan visant à déplacer la capitale de l'Etat libyen à Benghazi au lieu de Tripoli. Des tentatives internes soutenues de l'extérieur ont tenté de faire passer l'idée sous l'argument de l'absence de sécurité à Tripoli et des attaques contre les institutions menées par des groupes terroristes hostiles au plan de paix

L'Algérie a fait valoir auprès des parties libyennes qu'il est possible de mettre en place des sites sécurisés pour des cadres et responsables. Cela a été fait dans les années 90 en Algérie. Cela a été également le cas pour l'Irak.

Sur la capacité d'un gouvernement d'union à rétablir la sécurité et la stabilité, le diplomate algérien souligne qu'il s'agit d'un "pas essentiel dans le processus de solution pacifique. La communauté internationale cherche un interlocuteur dans ce pays. Il n'est pas possible de continuer dans une situation de vide institutionnel en Libye sinon c'est toute la région qui sombrera dans des difficultés sécuritaires lourdes".

Une "chaude bataille" jeudi à la Ligue arabe

El Khabar cite également d'autres sources diplomatiques algériennes, qui s'attendent à une "bataille chaude" lors de la réunion, le 10 mars prochain, des ministres des affaires étrangères de la Ligue arabe. Ces sources nient d'abord les informations de presse selon lesquelles l'Algérie concurrencerait le candidat égyptien, Ahmed Abou Gheit, au poste de secrétaire général de la Ligue.

L'Algérie maintiendra son refus des tentatives d'accoler le qualificatif de "terrorisme" aux mouvements de libération et de résistance dans le monde arabe et le tiers-monde et notamment les organisations palestiniennes et le Hezbollah.

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.


Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.