ALGÉRIE
06/03/2016 04h:37 CET | Actualisé 06/03/2016 04h:48 CET

Décès de Hassan al-Tourabi, figure influente de l'opposition soudanaise

APS

Hassan al-Tourabi, importante figure de l'opposition soudanaise est décédé samedi d'un arrêt cardiaque à l'âge de 84 ans à Khartoum, a annoncé la télévision d'Etat.

La présidence soudanaise a annoncé le 5 mars la mort de Tourabi dans un communiqué relayé par l'agence officielle Suna, rendant hommage à "l'intellectuel musulman et au savant" qu'il a été.

La télévision officielle a diffusé l’information et interrompu ses programmes pour diffuser des versets du coran.

Cet islamiste, qui a longtemps inspiré la politique du Soudan, fut considéré comme l’éminence grise du régime d’Omar el-Béchir, avant d'en devenir un farouche opposant.

Diplômé des facultés de droit de Khartoum, Londres et Paris-La Sorbonne, outre l'arabe, la matière grise des frères musulmans soudanais parlait couramment l'anglais, le français et l'allemand.

Après avoir fait de hautes études islamiques, il jouit d'une profonde connaissance de l’islam, qui lui a valut respect et admiration dans son pays et au-delà.

Parmi ses faits d'armes les plus connues, on peut citer sa participation à la destitution du général Ibrahim Abboud, en 1964. Vingt-cinq ans plus tard, en 1989, al-Tourabi devint l’un des plus fidèles amis d’Omar el-Béchir, et soutient sa prise de pouvoir. Hassan al-Tourabi survit à l'attaque physique d’un karatéka titulaire du grade de ceinture noire, qui le plongea dans le coma, en 1992, à Ottawa au Canada.

En 1999, il fonde un parti d’opposition, à la suite d’une brouille avec M. el-Béchir. Hassan al-Tourabi va ensuite passer une décennie en prison.

Hassan al-Tourabi avait aussi été en 2009 le seul responsable politique à avoir jugé le président Béchir "politiquement coupable" de crimes commis dans la province soudanaise du Darfour, en proie à la guerre civile, soutenant ainsi les poursuites lancées par la Cour pénale internationale.

Il fait partie des plus grandes figures de l’histoire mouvementée du Soudan, selon James Copnall, un ancien correspondant de la BBC à Khartoum.

La télévision d’Etat soudanaise l’a décrit comme "un penseur musulman de renom". Il s’était engagé dans la promotion d’un islam radical avant d'être la source de fatwas très controversées qui ont soulevé l'ire des théologiens conservateurs.

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.


Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.