ALGÉRIE
06/03/2016 10h:53 CET | Actualisé 07/03/2016 14h:49 CET

Lamamra et Ban soulignent l'impératif de parachever la décolonisation du Sahara occidental: "Nous devons réagir"

APS

Le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, en visite depuis samedi 05 mars en Algérie, a annoncé ce dimanche avoir demandé à son émissaire, Christopher Ross, de reprendre la médiation entre Rabat et le Front Polisario. Le SG onusien s'est également entretenu avec le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra, qui a souligné l'impératif de parachever le processus de décolonisation du Sahara occidental.

"Nous avons évoqué lors de nos discussions le Sahara occidental et assuré au SG de l'ONU l'impératif du parachèvement du processus de décolonisation de ce territoire à travers la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum d'autodétermination (Minurso)", a indiqué M. Lamamra lors d'un point de presse conjointement animé avec Ban Ki-moon.

Le ministre de l'Etat algérien a ensuite insisté sur la régularité et la transparence de ce référendum, qui devrait se dérouler dans des "conditions favorables" au peuple sahraoui et la communauté internationale.

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Le SG onusien a affirmé lors de la même conférence de presse que les membres du personnel de la Mission de l'ONU pour le Sahara occidental (Minurso) étaient "prêts à organiser un référendum s'il y a accord entre les parties".

Il a de ce fait annoncé avoir demandé à son émissaire pour le Sahara occidental, Christopher Ross, de reprendre ses tournées dans la région dans le but de relancer les pourparlers entre Rabat et le Front Polisario.

"J'ai demandé à mon envoyé spécial Christopher Ross de reprendre ses tournées afin de créer une atmosphère propice à la reprise des pourparlers" entre le Maroc et le Front Polisario, a-t-il déclaré.

Ban Ki-Moon a ensuite estimé que les deux parties "n'ont fait aucun progrès réel dans les négociations, devant aboutir à une solution juste et acceptable par tous, fondée sur l'autodétermination du peuple du Sahara occidental".

M. Ross, que le Maroc a accusé de "partialité" en 2012, a repris ses efforts diplomatiques en février 2015. Il avait visité la région fin septembre et fin novembre sans progrès notable.

LIRE AUSSI: La visite de Ban Ki-moon en Algérie abordée par Ramtane Lamamra et Christopher Ross

"Nous devons réagir"

Revenant sur sa visite hier des camps de réfugiés sahraouis à Tindouf, M. Ban a annoncé qu'il "convoquerait prochainement une réunion de donateurs en vue de réunir des fonds pour que les besoins des réfugiés sahraouis puissent être satisfaits.

"Hier à Tindouf, j'ai rencontré des réfugiés qui souffrent depuis des générations. J'ai discuté avec des jeunes qui perdent foi dans l'avenir. Je leur ai promis de tout faire pour que les choses avancent", a-t-il fait savoir.

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"Je me suis rendu dans plusieurs sites et je compte aller prochainement au quartier général de la mission, à Laayoune, au Sahara occidental. Je suis profondément attristé par cette tragédie humanitaire. Le monde ne peut continuer à négliger les Sahraouis" qui espèrent, a-t-il dit, "l’appui de la région, de l’ONU et de la communauté internationale. Nous devons réagir".

Reconsidérer la question sahraouie

Arrivé samedi soir à l'aéroport international Houari Boumediene, Ban Ki-Moon venait de visiter le Sahara Occidental. Une première, pour un secrétaire général onusien, qui amènerait le Conseil de sécurité à reconsidérer la question sahraouie, notait samedi Ahmed Boukhari, le représentant du Front Polisario auprès de l'ONU.

Il a rajouté que la visite de Ban Ki-Moon dans les territoires libérés changera la vision stratégique du Conseil de sécurité en faveur de la cause sahraouie, après 40 ans d'occupation marocaine et de blocage par le régime marocain des termes de l'accord de 1991 qui prévoient l'organisation d'un référendum pour l'autodétermination du peuple sahraoui".

Il a par la suite qualifié cette visite d'"élément nouveau" dans les efforts des Nations unies pour le règlement du conflit sahraoui.

"Cette visite aura sans doute un impact au sein du Conseil de sécurité à travers le rapport qu'il présentera en avril prochain", a-t-il estimé.

Ahmed Boukhari a ensuite affirmé que le Maroc a tenté d'empêcher le secrétaire général de l'ONU de se rendre dans les territoires sahraouis libérés après avoir entravé sa visite dans la capitale sahraouie occupée Laayoune. Ban Ki Moon "a tenu à faire cette tournée soutenant que ce dossier relevait de sa responsabilité et qu'il devait se rendre dans la région et notamment dans les territoires libérés", a-t-il ajouté.

"C'est la France qui bloque le dossier sahraoui au niveau de cette instance onusienne du fait qu'elle soutient l'occupation suivant son ancienne vision colonialiste", a-t-il, par ailleurs, rappelé.

Le secrétaire général de l'ONU a entamé samedi soir cette visite en Algérie, dans le cadre de sa tournée dans la région, en vue de relancer les négociations pour le règlement du conflit au Sahara occidental, opposant le Maroc et le Front Polisario.

M. Ban s'est dit en outre "heureux" d’être en Algérie, pour la seconde fois en tant que secrétaire général, rappelant que sa première visite fut "très douloureuse". "C’était en 2007, après les attentats terroristes dirigés contre les bureaux de l’ONU à Alger", a-t-il tenu à rappeler.

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