ALGÉRIE
05/03/2016 09h:15 CET | Actualisé 05/03/2016 09h:16 CET

Le Fonds de régulation des recettes s'épuisera dès la fin de l'été 2016, selon des experts

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L’annonce du lancement d’un emprunt national par Abdelmalek Sellal tiendrait son explication: le recours au Fonds de régulation des recettes (FRR) pour le financement du déficit budgétaire ne permet plus de boucler 2016.

Le solde du FRR (Fonds de régulation des recettes budgétaires) de l’Algérie deviendra nul en août ou au plus tard en septembre prochain. C’est là une nouvelle estimation établie dans un article d’analyse de la conjoncture de deux experts économiques algériens à paraître dans les prochains jours. Les prévisions du gouvernement, basées sur un prix moyen du baril à 50 dollars tablaient sur un reliquat de 1.797 milliards de dinars à la fin 2016.

La disparition du FRR dès la fin du 3e trimestre 2016 aura une conséquence considérable : elle obligera le gouvernement à rechercher de nouveaux moyens de financement du déficit budgétaire. Celui-ci a été de 7% du PIB en 2014 et de 15% en 2015, une limite haute que la loi de finances pour 2016 était censée faire baisser à 8%, avec notamment une coupe de 9 % dans les dépenses.

Les prévisions du gouvernement ont été soufflées par le nouvel accès de faiblesse du prix du baril à la fin de l’année dernière qui s’est prolongé sur le 1er bimestre de 2016. La prévision d’un prix moyen du baril à moins de 40 dollars sur l’année 2016 maintient le déficit budgétaire plus haut que prévu et fait fondre le FRR à une plus grande allure.

Cette prévision intègre elle-même l’attente optimiste d’un rebond du marché au second semestre de l’année, qui n’est pas un scénario acquis; l’estimation d’un épuisement du FRR à la fin de l’été 2016 en devient très réaliste et change les éléments d’agenda de la politique économique et financière de l’Etat Algérien.

L’estimation précédente des mêmes experts, dont la contribution est encore sous embargo, situait l’épuisement du FRR au mois de mai 2017 sur la base d’une réduction du déficit budgétaire à 8% en 2016.

Anéanti en 26 mois, place à l’emprunt

Le Fonds de régulation des recettes a été créé en 2000 à l’initiative de Abdelatif Benachenhou, ministre des Finances de l’époque, pour épargner le différentiel entre le prix prévisionnel du baril de pétrole dans les lois de finances - 19 dollars puis 37 dollars le baril- et le prix effectif, plus élevé. Le FRR a culminé à 5.563,5 milliards de dinars en 2013 avant d’entamer une fonte accélérée depuis le 2e semestre 2014 afin de financer les déficits du budget de l’Etat.

La disparition précoce du FFR oblige le gouvernement Sellal à revoir ses plans et à recourir à d’autres instruments pour le financement du déficit de l’année 2016 qui pourrait égaler celui de 2015 en dépit des coupes dans les dépenses amenées par la loi de finance pour 2016.

L’annonce sommaire, la semaine dernière, du lancement d’un emprunt national avec un taux de rémunération de 5% en est un premier. D’autres outils de mobilisation de fonds seront utilisés par le Trésor public, notamment des avances de la Banque d’Algérie équivalant à une partie des revenus fiscaux de l’Etat en dehors de la fiscalité pétrolière.

Le gouvernement s’est donc mis à l’heure de la fin de la couverture des déficits par le bas de laine des années d’excédents. Il devra préciser dans, les prochains jours, les détails de son emprunt national et des autres mesures de financement de ses dépenses pour 2016. Une loi de finance complémentaire qui accentuerait les coupes budgétaires est également fortement évoquée.

Le FRR a, hormis l’année 2009, augmenté son solde de manière quasi constante depuis sa création en 2000. Il aura suffi, à la fin de l’été prochain, de 26 à 28 mois de contre-choc pétrolier pour le réduire à néant.

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