TUNISIE
02/03/2016 07h:06 CET | Actualisé 02/03/2016 07h:17 CET

"En Tunisie, je n'ai plus personne": Un cyberjihadiste tunisien demande la suppression de son interdiction du territoire français

A man is searched before entering the courtroom where a man stands trial accused of operating an al-Qaida propaganda website on charges of promoting terrorism, Tuesday, March 4, 2014, in Paris.  27-year old Romain Letellier faces up to five-years in prison if convicted under a new law against “cyberjihad”, even though no attacks are proved to be linked to the site. (AP Photo/Zacharie Scheurer)
ASSOCIATED PRESS
A man is searched before entering the courtroom where a man stands trial accused of operating an al-Qaida propaganda website on charges of promoting terrorism, Tuesday, March 4, 2014, in Paris. 27-year old Romain Letellier faces up to five-years in prison if convicted under a new law against “cyberjihad”, even though no attacks are proved to be linked to the site. (AP Photo/Zacharie Scheurer)

TERRORISME - Un cyberjihadiste tunisien, Nebil Amdouni, condamné à huit ans de prison ferme et interdit définitivement du territoire français, a demandé en appel l'allègement de sa peine, lundi 29 février, révèle le journal électronique Rue89.

Agé de 38 ans, marié et père de deux enfants, Amdouni est le co-fondateur en 2007 de "Choumoukh al-islam", un site affilié à Al Quaïda. Selon le tribunal, ce site qu'il dirigeait depuis son domicile était entre 2010 et 2011, l’un des plus "grands forums jihadistes du monde".

En 2015, le journal Nice Matin racontait son itinéraire: Nebil Amdouni a "fui la Tunisie de Ben Ali en 2002, il rallie Malte, puis l'Italie, grâce à des passeurs clandestins". Il a ensuite rejoint des connaissances dans la ville de Toulon en France où il rencontre une française, se marie avec elle et obtient une carte de résident.

En 2008, il avait créé "Choumoukh al-islam", hébergé sur un serveur en Malaisie, en juin 2007, après avoir gravi les échelons (simple membre, modérateur puis administrateur) d'un autre site web jihadiste. Le site avait reçu l'agrément d'Al-Fajr, la branche médiatique d'Al-Qaïda, et était "un forum jihadiste, islamiste, qui défend les valeurs de l'islam", selon les mots de Nebil Amdouni.

Nombre des messages dans la partie privée des forums étaient cryptés et Choumoukh, en lien régulier avec Al-Qaïda était "devenu le meilleur moyen de transmission entre des organisations terroristes" selon le président du tribunal.

Quatre ans plus tard, il est interpelé et arrêté à Toulon. Selon Rue89, il a reconnu avoir "facilité le départ au Yémen de deux jeunes recrues, pris connaissance d’un projet d’attentat en Espagne (contamination de réservoirs d’eau) sans pour autant l’avoir pris au sérieux, transféré de l’argent à l’organisation jihadiste Fatah al-islam, envoyé des informations sensibles sur des infrastructures françaises, à la demande de hauts dirigeants d’Al Qaeda et envisagé de partir faire le djihad en Afghanistan".

Aujourd'hui, il veut voir sa peine allégée par le tribunal. Il a demandé à faire disparaitre son interdiction définitive du territoire français, à l'issue de sa peine en France. L'un des arguments qu'il brandit est le fait que ses deux enfants sont français.

"En Tunisie, je n’ai plus personne", a-t-il fait valoir.

Pour sa défense, durant le procès en appel, le cyberjihadiste affirme qu'il a changé: "A son arrivée, il était "radicalisé" et il ne serrait pas la main des femmes. Mais dans le cadre de sa détention, il a rencontré des femmes qui l’ont aidé et "bouleversé" (la directrice et des psychologues (femmes)", rapporte rue 89.

La cour d’appel rendra son verdict le 5 avril 2016.

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