TUNISIE
02/03/2016 04h:42 CET

La statue de Bourguiba retrouvera sa place à Tunis affirme la présidence de la République

facebook/le bourguibisme ne mourra jamais

Une statue du premier président tunisien Habib Bourguiba, déboulonnée sous son successeur Zine El Abidine Ben Ali, va reprendre sa place dans le centre de Tunis pour le 60è anniversaire de l'indépendance du pays le 20 mars, a déclaré la présidence mardi à l'AFP.

Cette statue montrant le père de l'indépendance de la Tunisie à cheval, le bras levé dans un salut, avait été déplacée à La Goulette, dans la banlieue nord de Tunis, peu après le coup d'Etat de Ben Ali contre Bourguiba le 7 novembre 1987.

Ironie du sort, Ben Ali a lui-même été renversé par une révolution le 14 janvier 2011 et vit depuis en exil en Arabie saoudite.

Le retour de la statue dans le centre-ville de la capitale "est un symbole" et "a été décidé par le président" Béji Caïd Essebsi, a dit le porte-parole de la présidence Moez Sinaoui. "Elle reviendra à sa place naturelle, avenue Bourguiba, à l'occasion du 60è anniversaire de l'indépendance le 20 mars".

L'annonce a suscité des réactions partagées: certains se sont réjouis de cette réhabilitation du président défunt, que Ben Ali avait essayé de pousser vers les oubliettes de l'Histoire, d'autres ont regretté que la place rebaptisée "du 14 janvier", après la révolution, voie revenir un homme qui s'était déclaré président à vie.

Bourguiba "est le père de l'indépendance et de la nation. Toutes les nations ont leurs grands hommes", a répondu M. Sinaoui, interrogé sur ces critiques.

La statue avait été remplacée par une horloge géante qui avait provoqué grimaces et moqueries lors de son installation. Son sort sera fixé par une commission spéciale, selon le porte-parole de la présidence.

M. Caïd Essebsi, 89 ans, a servi de longues années sous Bourguiba, notamment en tant que ministre de l'Intérieur, de la Défense et des Affaires étrangères.

Il lui a consacré un livre intitulé "Habib Bourguiba, Le bon grain et l'ivraie", dans lequel il rend hommage à sa "vision et (son) envergure" mais écrit aussi que "Bourguiba n'en est pas moins homme. Il a ses passions et il a subi les fatigues et le poids des ans".

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