MAROC
01/03/2016 04h:12 CET | Actualisé 01/03/2016 04h:19 CET

Premier ministre belge au Maroc: terrorisme, immigration et accord agricole au menu des discussions

Premier ministre belge au Maroc: terrorisme, immigration et accord agricole au menu des discussions
MAP
Premier ministre belge au Maroc: terrorisme, immigration et accord agricole au menu des discussions

DIPLOMATIE - Le Premier ministre belge Charles Michel, en visite de deux jours au Maroc, a rencontré lundi 29 février à Rabat le Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane. Une visite diplomatique stratégique pour les deux pays, au moment où les responsables sécuritaires belges et marocains opèrent un tour de vis pour lutter contre le terrorisme et les migrations clandestines.

"Nous avons discuté de travailler ensemble sur la question des migrations (...) et nous avons évoqué la question de la lutte contre toutes les formes de radicalisme qui nourrissent le terrorisme", a indiqué M. Michel à l'issue des entretiens, rapporte l'AFP.

Les attentats de Paris en toile de fond

La coopération autour des questions de sécurité est en effet au coeur des relations entre les deux pays depuis les attentats de Paris en novembre dernier qui ont causé la mort de 130 personnes. Plusieurs auteurs des attaques étaient des Belges d'origine marocaine, dont celui présenté comme le "cerveau", Abdelhamid Abaaoud, mort dans l'assaut de Saint-Denis en région parisienne et repéré grâce aux services de renseignements marocains.

Quelques jours après les attentats du 13 novembre, alors que Bruxelles était en alerte maximale et que l'un des principaux suspects, Salah Abdeslam, également belgo-marocain, était (et est) toujours en fuite, la Belgique avait sollicité l'aide du Maroc afin de collaborer de manière "étroite et poussée en matière de renseignements et de sécurité". Mi-janvier, le Maroc a annoncé l'arrestation à Mohammedia de Gelel Attar, un Belge d'origine marocaine "lié directement" aux auteurs des attentats de Paris.

Un programme d'échange de policiers entre les deux pays devrait également être lancé au mois de mai, afin que les forces de sécurité belges et marocaines apprennent l'une de l'autre.

Empreintes digitales obligatoires

Outre le volet sécuritaire, les deux pays ont aussi évoqué les moyens de lutter contre l'immigration clandestine. Le Premier ministre belge, accompagné du ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, et du secrétaire d'Etat à l'Asile, Theo Francken, a convenu d'un accord sur "l'accès à la base de données biométriques du Maroc" rapporte le site belge RTBF.

"Tout citoyen marocain doit faire enregistrer ses empreintes digitales à partir de ses 18 ans. Cette formalité intéresse au premier chef la Belgique dans ses efforts contre l'immigration illégale" indique le site. "Un 'mémorandum d'entente' est en voie de finalisation. Les textes sont prêts. Ils n'ont pas été signés lors de la visite de ce lundi mais devraient l'être à la fin du mois d'avril, lors d'une rencontre à Bruxelles entres ministres belges et marocains".

"Pas une affaire de tomates ou de sardines"

Enfin, alors que le gouvernement marocain vient de suspendre les relations avec la Délégation de l'Union européenne au Maroc en signe de protestation de la décision prise par la Cour de justice européenne de rompre l'accord agricole et de pêche conclu avec le royaume - car il s'applique aussi au Sahara -, Abdelilah Benkirane a insisté sur l'importance de la coopération économique.

Il a notamment exhorté les pays européens à "soutenir le Maroc dans ses efforts de stabilité et de développement". Concernant la décision de la Cour de justice européenne," ce n'est pas une affaire de tomates ou de sardines, c'est une affaire politique, géostratégique très importante", a souligné le chef de gouvernement.

Le même jour, le ministre de l'Intérieur, Mohamed Hassad, avait eu le soutien de son homologue allemand Thomas de Maizière, également en visite à Rabat. Ce dernier avait réitéré "le soutien de son pays à la position du Maroc à l'égard de l'arrêt du tribunal de l'Union européenne relatif à l'application de l'accord agricole". A noter que l'UE a fait appel de la décision de la Cour de justice, qui pourrait donc être annulée.

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