TUNISIE
01/03/2016 11h:39 CET

Tunisie: Une usine de textile à Mahdia tenue par ses ouvrières

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Les usines de textile qui ont fermé leurs portes en Tunisie après la révolution se comptent par dizaines.

Les ouvrières de l'usine Mamotex à Chebba, de la région de Mahdia, ont choisi de sauver leur usine et de continuer ses activités.

Grâce à des discussions entre le syndicat des salariés et le patron, un compromis a été établi.

"Les ouvrières vont travailler encore 4 ou 5 mois en autogestion pour terminer une commande. Ceci a pour but de permettre aux salariés d'être dédommagés et de recevoir leurs salaires", explique Badii Mbarek, représentant du bureau régional de l'UGTT de Mahdia, contacté par le Huffpost Tunisie.

L'usine devait fermer car son propriétaire a déclaré faillite. "Il doit aussi beaucoup d'argent à l'Etat et à la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS)" a déclaré M. Mbarek.

Les procédures normales auraient été trop lentes et les salariés devront attendre longtemps pour recevoir leurs payes, car comme le mentionne le syndicaliste "les ouvrières ont gagné un procès engagé contre le propriétaire de l'usine. Elles ont préféré continuer de travailler au lieu d'attendre qu'il leur verse de l'argent. En fait s'il dépasse les délais, le seul moyen de récupérer leur dû est d'attendre une saisie judiciaire".

Cela fait trois semaines déjà que l'usine fonctionne de la sorte. "Chaque ouvrière connaît les tâches qui lui sont attribuées. Le système fonctionne et on voudrait même aller plus loin. Les discussions sont en cours pour trouver un moyen de perdurer l'expérience et de créer une sorte de coopérative pour que l'usine soit définitivement la propriété de ses ouvrières", a-t-il ajouté.

De nombreux obstacles s'opposent à cette idée. L'économie du textile en Tunisie est en déclin. Le marché n'est plus aussi prospère qu'auparavant et se ferme d'année en année.

"L'usine sous traite actuellement pour une usine voisine dont le propriétaire est un proche du propriétaire de l'usine Mamotex. Si les ouvrières réussissent à s'approprier l'usine, il leur faudra trouver des contrats et un marché qui leur permettra de poursuivre leurs activités", s'inquiète Badii Mbarek.

"Malgré le soutien de la société civile, il n'y a pas trop de perspectives pour cette usine. Il n'y a malheureusement pas de marché solidaire en Tunisie qui poussera ce genre d'initiatives à résister et aller de l'avant ", a-t-il conclu.

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