MAROC
29/02/2016 14h:03 CET | Actualisé 01/03/2016 06h:06 CET

Un fossile marocain pourrait aider à résoudre une énigme vieille de 100 ans

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PALÉONTOLOGIE - Ce fossile marocain était délaissé depuis des années dans les tiroirs d'un musée de Palerme en Italie. Il renfermait pourtant des informations inédites dans le domaine de la paléontologie, et permettra peut-être de résoudre une énigme vieille de cent ans

C'est Alessandro Chiarenza, un étudiant doctorant de l'Imperial College London, qui a trouvé cet os de fémur fossilisé dans un tiroir lors d'une visite dans l'établissement italien. Il a obtenu l'autorisation de l'étudier avec un confrère, Andrea Cau de l'université de Bologne. Leurs recherches ont permis de déterminer qu'il s'agissait de l'os d'un abélisaure, une espèce qui a existé il y a environ 95 millions d'années.

Les abélisaures étaient des prédateurs carnivores, caractérisés par des pattes avant extrêmement courtes, des petites dents et qui étaient recouverts de plumes selon les scientifiques: "Son apparence peut paraître étrange" explique Alessandro Chiarenza. "Mais c'était un tueur redoutable à l'époque".

Cette créature aurait vécu en Afrique du nord, quand la région était une savane luxuriante, traversée par des rivières et des marécages. Un habitat idéal pour ce prédateur qui pouvait y chasser de nombreuses bêtes aquatiques.

Selon les chercheurs, l'abelisaure étudié mesurait environ neuf mètres de long pour un poids compris entre une et deux tonnes, ce qui en fait potentiellement le plus large jamais découvert et pourrait aider les chercheurs à déterminer la taille maximale que ce dinosaure a pu atteindre à son apogée.

L'énigme de Stromer résolue?

Le fossile en question avait été découvert dans la région de Kem Kem Beds, un vaste plateau rocheux situé à la frontière maroco-algérienne. Une zone bien connue des paléontologues grâce à sa richesse inhabituelle en fossiles. L'"énigme de Stromer", qui tient son nom du spécialiste allemand Ernst Stromer qui a découvert la zone il y a cent ans, consiste à comprendre comment est-ce que les abélisaures et cinq autres dinosaures prédateurs ont pu coexister dans la région sans se chasser entre eux et ainsi mener à leur extinction.

Les chercheurs à l'origine de l'étude publiée aujourd'hui pensent désormais que ces dinosaures n'étaient en fait pas si proches. Selon eux, la géologie changeante de la région a mélangé les bouts de fossiles entre eux, détruisant ainsi leur ordre chronologique à Kem Kem Beds et donnant l'illusion que les abélisaures et les autres prédateurs ont partagé le même terrain de chasse à la même époque.

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