MAROC
29/02/2016 12h:50 CET | Actualisé 29/02/2016 13h:03 CET

Après Fès, un immeuble s'effondre à Casablanca et une mosquée à Tinghir

Après Fès, un immeuble s'effondre à Casablanca et une mosquée à Tinghir
Alyaoum24
Après Fès, un immeuble s'effondre à Casablanca et une mosquée à Tinghir

HABITAT - Trois édifices se sont effondrés au Maroc en moins de 24 heures. Un premier à Fès, dimanche au soir, ne faisant pas de victimes, puis un deuxième à Casablanca ce lundi matin. Trois personnes ont été blessées et une personne décédée, un maçon est encore recherché sous les décombres de l'immeuble qui était en construction, affirme Alyaoum24.

A Tinghir, une mosquée en travaux s'est également effondrée en partie. Bilan: deux morts et un blessé, annonce la même source.

"L'entrepreneur n'a pas respecté les règles de la construction", a fait savoir le président de l'arrondissement de Aïn Chok au sujet de l'immeuble casablancais. La construction du quatrième étage aurait été entamée avant que le troisième niveau ne prenne complètement, a estimé le responsable. Trois maçons ont été transférés à l'hôpital pour recevoir les soins nécessaires.

Concernant la mosquée Taourirt à Tinghir, Alyaoum24 a annoncé la mort de deux maçons suite à l'effondrement d'un mur en cours de travaux. Un blessé a été transféré à l'hôpital régional.

Ces trois incidents font de nouveau planer le spectre de l'habitat menaçant ruine ou ne respectant pas les normes de construction, un fléau que les autorités peinent toujours à combattre.

43.000 logements concernés

Ces trois effondrements successifs ne sont pas une première, certes, mais ils remettent au goût du jour ce phénomène que le ministère de l'Habitat veut maîtriser une bonne fois pour toutes. Mercredi 10 février, le projet de loi sur l'habitat menaçant ruine et la mise à niveau urbaine a été adopté par la chambre des représentants.

Le texte, présenté par Nabil Benabdellah, ministre de l'Habitat et de la politique de la ville, vise à encadrer la prise en charge des constructions menaçant ruine. La loi prévoit notamment la création d'un fonds de solidarité habitat et intégration urbaine doté d'un budget de deux milliards de dirhams.

Une agence nationale pour la rénovation urbaine et la réhabilitation des constructions menaçant ruine devrait également voir le jour. Elle aura pour mission de "mener des études et de mettre en place des stratégies afin de réhabiliter les logements insalubres", selon l'Economiste.

Selon le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Mustapha El Khalfi, les statistiques réalisées à ce sujet font état de l’existence de près de 43.000 maisons ou logements menaçant ruine. Une bonne partie de ces édifices se concentrerait dans les anciennes médinas.

Un dossier au goût amer

Ces trois effondrements rappellent ceux du quartier Bourgogne, en juillet 2014, quand trois immeubles se sont effondrés en même temps, provoquant la mort de pas moins de 23 personnes et blessant une cinquantaine d'habitants. Un drame qui a été suivie par pas moins de trois effondrements en août, novembre et décembre de la même année dans la ville blanche.

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