TUNISIE
24/02/2016 13h:08 CET | Actualisé 27/02/2016 13h:40 CET

Tunisie: La corruption, le manque d'infrastructures... rongent le monde des entreprises, selon une enquête

CORRUPTION - Un tiers des entreprises tunisiennes est obligé de payer des pots-de-vin à l'administration tunisienne afin de faciliter leur travail, révèle une enquête de l'Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives, rattaché au ministère du Développement, de l'investissement et de la coopération internationale.

L'enquête a été faite auprès de 1.200 entreprises de toute catégorie (PME et grandes entreprises) qui sont installées dans différentes régions. Elle couvre la période du 1er octobre au 15 novembre 2015.

Voici point par point les principaux résultats de l’enquête:

La corruption

  • Un tiers des entreprises payent des pots-de-vin à l'administration tunisienne pour faciliter leur collaboration.
  • Les administrations concernées par la corruption: 15% dans les services publics / 13% pour les organes d'inspection et le contrôle / 12% aux gestionnaires des marchés publics/ 10% pour les organes de contrôle sanitaire et d'hygiène.
  • 32% des entreprises interrogées considèrent que la douane tunisienne est l'administration la plus corrompue.
  • 14% d'entre elles affirment avoir payé des pots-de-vin à l'administration fiscale et 9% déclarent le faire au système judiciaire.
  • Les raisons: 64% pour accélérer les procédures, 53% pour éviter le blocage de leurs dossiers, 22% pour contourner l'application de la loi et 19% pour diminuer les droits exigés.
  • 49% des entreprises estiment que la corruption a augmenté en 2015 par rapport à 2014.

Manque d"infrastructures du transport

  • 29% des entreprises estiment que l'infrastructure du transport est défaillante.
  • Ce pourcentage s’accroît dans les régions du Centre-Ouest (54%), suivi par les régions du Sud-Est (47%).

Difficultés financières liées aux charges sociales et au commerce parallèle

  • 31% des sociétés citent le commerce parallèle comme un obstacle à leur développement.
  • 27% disent que ce sont les charges sociales qui les accablent.
  • 27% pointent le système fiscal qui n'est pas propice à l’investissement.
  • 3% des entreprises déclarent avoir interrompu leurs activités à cause des grèves.

Outre ces éléments, les entreprises expliquent la morosité de la conjoncture économique et sociale par les problèmes sécuritaires, notamment liés au terrorisme (49%).

De même, 47% des entreprises interrogées se montrent inquiètes également face à la possible guerre en Libye qui freinerait leurs activités.

Mauvais signe pour le marché du travail, seules 16% des entreprises ont l'intention de recruter en 2016, selon cette enquête.

13% des entreprises comptent investir dans d'autres régions que celles dans lesquelles elles sont installées. Pour 24% d'entre elles, les régions intérieures sont celles où ils pourraient investir.

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