MAROC
24/02/2016 14h:35 CET | Actualisé 24/02/2016 14h:35 CET

Taux de participation à la grève générale: Entre le gouvernement et les syndicats, un fossé de 50%

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SYNDICATS - La grève générale de 24 heures, observée mercredi à l'appel de cinq centrales syndicales, a été un "grand succès, le taux de participation ayant dépassé 84 %", ont indiqué, dans un communiqué, les syndicats ayant initié la grève. Le gouvernement, lui, annonce un taux de participation de moins de 40% dans la fonction publique.

L'Union marocaine du travail (UMT), la Confédération démocratique du travail (CDT), la Fédération démocratique du travail (FDT), l'Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) et le Syndicat national de l'enseignement supérieur (SNE-SUP) se sont ainsi félicités du taux de participation qui "dépasse toutes les prévisions."

Du côté du gouvernement, on annonce des chiffres différents. Dans la fonction publique, "le taux de participation au niveau national oscille entre 35% et 38%", indique au HuffPost Maroc le ministre de la Fonction publique Mohamed Moubdie. Ce dernier souligne que, malgré le fait que "cette grève est injustifiée", elle "s'est déroulée dans un climat normal et responsable."

Les taux de participation officiels dans la fonction publique se rapprochent de ceux recueillis au niveau national dans la totalité des secteurs par Alyaoum24.com qui, citant une source gouvernementale, avance que jusqu'à midi, la consigne de grève a été suivie au niveau national à hauteur de 30%.

Une grève générale qui a mobilisé plusieurs syndicats

Hormis les quatre centrales syndicales les plus représentatives, initiatrices de la grève (l'Union marocaine du travail (UMT), la Confédération démocratique du travail (CDT), la Fédération démocratique du travail (FDT) et l'Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM)), d'autres syndicats et organisations professionnelles y ont participé, dont l'Organisation démocratique du travail (ODT), proche du Parti authenticité et modernité (PAM), le Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNE-SUP) ou encore le Syndicat indépendant des médecins du secteur public (SIMSP). Cette grève générale a aussi été marquée par la participation d'Al Adl wal-Ihsane.

Les principales revendications des syndicats concernent la réforme des retraites, que les syndicats souhaitent, au préalable, discuter dans le cadre du dialogue social, non sous forme de projets de lois à la Chambre des conseillers; l'abrogation de l'article 288 du Code pénal marocain, qui punit de "l'emprisonnement d'un mois à deux ans et d'une amende de 120 à 5.000 dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement, quiconque, à l'aide de violences, voies de fait, menaces ou manoeuvres frauduleuses, a amené ou maintenu, tenté d'amener ou de maintenir, une cessation concertée du travail, dans le but de forcer la hausse ou la baisse des salaires ou de porter atteinte au libre exercice de l'industrie ou du travail." Cet article du Code pénal pose la question plus large du droit de grève au Maroc, qui est garanti par la Constitution, et qui attend toujours la loi organique le réglementant. Les syndicats demandent, en outre, une hausse générale des salaires et des pensions de retraite, la baisse de la pression fiscale sur les salaires ainsi que l’augmentation à 6.000 dirhams des revenus non imposables.

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