MAROC
24/02/2016 11h:44 CET | Actualisé 25/02/2016 06h:43 CET

Au Maroc, la finance islamique émerge doucement mais sûrement

Au Maroc, la finance islamique émerge doucement mais sûrement
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Au Maroc, la finance islamique émerge doucement mais sûrement

FINANCE – C’est un chantier attendu depuis plusieurs années au Maroc qui sera inauguré sous peu. La finance islamique (ou participative) a fait l’objet d’une rencontre à laquelle plusieurs experts ont pris part ce mercredi 24 février, dans le cadre de la 7e édition du Forum africain de la finance islamique (FAFI) organisée à Casablanca, qui s’achève demain.

Une discipline qui suscite un intérêt croissant auprès des investisseurs privés étrangers, et plus particulièrement du côté des Occidentaux. Le Premier ministre du Royaume-Uni David Cameron avait notamment répondu présent lors de la 9e édition du Forum économique du monde islamique (WIEF), tenu à Londres en octobre 2013. Il avait fait part de sa volonté d’ériger la métropole britannique en "capitale occidentale de la finance islamique", ambitionnant même de concurrencer les poids-lourds financiers des pays du Golfe.

S’appuyant sur "des transactions clairement définies et tangibles", selon Jalloul Ayed, ancien ministre des Finances tunisien présent lors du FAFI, la finance islamique semblerait en effet rassurer les investisseurs potentiels étrangers: "après la crise économique de 2008, les seules banques qui ont résisté sont les banques islamiques", a-t-il argué.

La Maroc "favorable au développement des affaires"

Le développement de la finance participative devrait permettre au Maroc d’atteindre entre 3 et 5% du total des actifs bancaires, soit un potentiel estimé à 70 milliards de dirhams environ, indiquait en 2014 l’Institut Thomson Reuters dans un rapport dédié à la finance islamique au royaume. Le société américaine de notation financière Standard & Poor’s mise quant à elle sur 10% de parts de marché.

"Au Maroc, des décisions ont été prises pour disposer d’un comité "Charia" centralisé. Les infrastructures logistiques ont aussi commencé à se développer", a souligné Khalid Ismaili Idrissi, spécialiste des investissements à la Banque islamique de développement (BID), dont le siège est installé en Arabie saoudite.

Un "environnement favorable au développement des affaires" qui veut promouvoir un autre segment; celui de la formation. L’université Paris Dauphine, qui dispense déjà un master "Principes et pratiques de la finance islamique", a annoncé le 7 octobre dernier la création d’un master à Casablanca, en partenariat avec le cabinet d’audit et de conseil marocain Fidaroc Grant Thornton. La formation, qui vient de démarrer ce mois-ci, encadre une quarantaine d’étudiants.

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