ALGÉRIE
24/02/2016 10h:36 CET | Actualisé 25/02/2016 03h:21 CET

Les revenus pétroliers ont baissé de 70% en deux ans, selon le Chef de l'Etat

APS

Les revenus pétroliers de l'Algérie ont baissé de 70% en moins de deux ans, a affirmé mercredi le président Abdelaziz

Bouteflika dans un message à l'occasion du double anniversaire du 24 février.

Le chef de l'Etat a tenu toutefois à rassurer, les travailleurs auxquels il s'adressait en particulier, et les Algériens en général que le pays était "en mesure d'y faire face".

"Nous sommes, à l'heure actuelle, en mesure de faire face à l'effondrement des prix du pétrole qui ont chuté de près de 70% en moins de deux ans", a indiqué le chef de l'Etat.

Face à cette baisse drastique des prix du pétrole qui a débuté à la mi-2014, le gouvernement a adopté une politique de rigueur qui s'est traduite notamment par l'augmentation des prix des carburants, la limitation des importations et l'abandon de nombreux projets d'infrastructures jugés non prioritaires. Des mesures qui ne sont pas allés jusqu'à abandonner les politiques de soutien de prix ou conduit à des augmentations conséquente comme ça été le cas dans les pays du Golfe ou le Venezuéla tout récemment.

"J'appelle mes compatriotes également à persévérer sur la voie des aînés qui, des décennies durant se sont employés, sans jamais fléchir, à construire l'Algérie dans un contexte économique et sécuritaire défavorable", a insisté le Chef de l'Etat qui a particulièrement mis l'accent sur la nécessité de "poursuivre la quête du savoir et de la connaissance dans nos universités, à labourer les terres agricoles et à investir les usines afin que l'Algérie puisse faire face à cette conjoncture difficile induite par le déséquilibre du marché pétrolier international".

"Nous n'envisageons nullement de renoncer à la rigueur requise et nécessaire à la gestion des ressources publiques et à la rationalisation de nos options financières", a également prévenu le président de la République en se disant "déterminé à faire face aux retombées de la chute des prix du pétrole au moyen d'une politique de développement économique judicieuse et rigoureuse à la fois".

Fin décembre, faut-il le rappeler, le gouverneur de la Banque d'Algérie Mohamed Laksaci s'était alarmé de la forte détérioration des finances publiques. Selon lui, les réserves de change ont fondu de 32 milliards de dollars entre septembre 2014 et juillet 2015.

"A la fin 2016, elles ne dépasseront pas les 100 milliards de dollars" et "nous nous dirigeons vers une catastrophe avec un déficit budgétaire de 40 milliards de dollars qui sera impossible à résorber", avait averti, de son côté, l'économiste Smaïl Lalmas.

Voici le texte intégral du message du président Bouteflika aux travailleurs à l'occasion de l' anniversaire de l'UGTA-nationalisation des hydrocarbures

Mesdames, Messieurs,

Nous célébrons aujourd'hui le 60e anniversaire de la création de l'UGTA et le 45e anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures.

L'Union générale des travailleurs algériens a été créée, il y a de cela 60 ans, alors que la guerre de libération était à son apogée, pour structurer la participation des travailleurs et l'intégrer dans le combat libérateur.

Au lendemain de l'indépendance, les travailleurs et les travailleuses demeureront fortement engagés et mobilisés afin que l'Algérie libérée du joug colonial puisse renouer progressivement avec le développement.

Le choix était fait pour ces récipiendaires du précieux legs transmis et conservé, de Aissat Idir à Abdelhak Benhamouda, par des femmes et des hommes qui se sont sacrifiés pour que l'Algérie recouvre sa souveraineté et reprenne en main sa destinée et ses richesses.

La nationalisation des hydrocarbures fut l'étape la plus importante dans le combat mené par l'Algérie indépendante pendant une décennie ou presque pour parvenir à établir de bons rapports avec nos partenaires dans le domaine des hydrocarbures, avant que l'impasse qui a entravé cette démarche ne nous amène à la décision de recouvrer notre entière souveraineté sur ces ressources vitales.

Et dans ce contexte précisément, la création de la société Sonatrach sera un repère essentiel dans le processus de nationalisation des hydrocarbures algériennes. Cette société stratégique a permis de renforcer nos capacités gazières et pétrolières mais aussi et surtout de former la première génération de cadres algériens spécialisés dans ce domaine.

En effet, ces cadres ont constitué le premier noyau de nos ressources humaines en matière d'hydrocarbures, qui sera renforcé par d'autres cadres diplômés des universités algériennes. L'Algérie avait alors surpris le monde en décidant, en 1971, de nationaliser ses hydrocarbures et en parvenant à commercialiser son pétrole, rouge du sang de ses glorieux martyrs.

Aujourd'hui, et en cet instant mémorable où je salue les vaillants enfants de l'Algérie, ceux-là mêmes qui ont balisé la voie à la nationalisation des hydrocarbures, j'exhorte la relève parmi les cadres et les travailleurs du secteur des hydrocarbures à suivre l'exemple des prédécesseurs et à se mobiliser pour renforcer et développer les capacités énergétiques du pays.

Mesdames, Messieurs

La première étape de l'indépendance fut, en effet, l'étape de l'effort et de la mobilisation des énergies pour l'édification de l'Algérie libre à laquelle ont contribué les travailleurs du secteur des hydrocarbures mais aussi les travailleurs et les travailleuses des différents autres secteurs.

Mesdames, Messieurs

Depuis 1971, plus de 450 puits de pétrole et de gaz ont été découverts.

La production nationale des hydrocarbures avait alors triplé ce qui a permis de renforcer les capacités de commercialisation du gaz et du pétrole et de garantir les ressources nécessaires au financement du processus de construction de l'économie nationale et du développement social.

L'électrification et le raccordement au gaz naturel à travers le pays ont atteint un des taux les plus élevés au monde. La priorité accordée par les pouvoirs publics à l'approvisionnement du marché national en vue de répondre à la fois à la demande du citoyen et de l'industrie, témoigne du souci d'aller vers la satisfaction des besoins des citoyens de toutes les régions en énergie et en développement économique et social.

Les recettes des hydrocarbures ont en effet permis au pays de consolider son infrastructure et d'asseoir un tissu économique dense et bien structuré incluant les entreprises publiques et les investissements privés dans tous les secteurs d'activité.

Notre ambition légitime de bâtir une économie algérienne diversifiée est aujourd'hui tout à fait à notre portée à condition de mobiliser, encore une fois toutes nos énergies et de persévérer sur la voie des réformes engagées.

L'orientation des ressources nationales tirées du commerce des hydrocarbures en fonction des exigences du développement a permis aussi à notre pays de se positionner aux premiers rangs mondiaux dans différents domaines du développement social notamment pour ce qui est des taux de scolarisation, de couverture sanitaire et de protection sociale ou encore d'accès au logement.

Ces résultats n'auraient pas été possibles sans la mobilisation de toutes les travailleuses et de tous les travailleurs autour de l'UGTA, leur illustre organisation, et sans le recouvrement plein et entier, grâce à Dieu, de notre souveraineté sur nos ressources en hydrocarbures.

Mesdames, Messieurs,

Conscients de l'instabilité cyclique du marché international des hydrocarbures, nous avons procédé, outre la forte dynamique insufflée au développement socio-économique dans le cadre d'un véritable sursaut national, au remboursement anticipé de la dette extérieure et cessé le recours à l'endettement. Dans le même temps nous avons mis en place un dispositif prudentiel à travers la création d'un fonds de régulation des recettes.

C'est grâce à cette démarche que nous sommes, à l'heure actuelle, en mesure de faire face à l'effondrement des prix du pétrole qui ont chuté de prés de 70% en moins de deux ans.

De telles mesures nous permettent surtout d'accélérer, un tant soit peu, les réformes nécessaires à l'amélioration de la gouvernance et de la compétitivité de l'économie nationale.

Nous sommes parvenus au cours des dernières années à soutenir la dynamique de création d'emplois, à maintenir le taux de chômage à un niveau acceptable, à poursuivre la réalisation des programmes d'investissement et à réduire progressivement la facture d'importation".

"Récemment, de nombreux textes législatifs ont été promulgués en vue de créer un climat favorable à l'investissement productif et créateur d'emplois et de renforcer nos capacités économiques hors hydrocarbures.

Dans cette conjoncture, j'en appelle à tous, en particulier aux travailleuses et travailleurs, pour mettre en valeur toutes nos potentialités économiques dans tous les secteurs, à travers nos entreprises publiques et privées et en comptant sur l'expérience si utile de nos partenaires étrangers.

Mesdames, Messieurs,

Nous n'envisageons nullement de renoncer à la rigueur requise et nécessaire à la gestion des ressources publiques et à la rationalisation de nos options financières. Et je tiens à affirmer ici que nous sommes déterminés à faire face aux retombées de la chute des prix du pétrole au moyen d'une politique de développement économique judicieuse et rigoureuse à la fois.

En dépit de l'acuité de la crise, l'Algérie ne prévoit pas de cesser d'investir dans les facteurs de réussite du développement économique et encore moins renoncer à ses choix fondamentaux en termes de solidarité nationale véritable et de justice sociale réelle.

L'accent mis, dans la récente révision de la Constitution, sur la nécessité de diversifier l'économie et de valoriser toutes les ressources naturelles et humaines du pays traduit la ferme volonté de l'Etat d'opérer rapidement des changements structurels pour rendre notre économie plus compétitive et lui permettre d'accéder au marché mondial avec davantage d'atouts.

La diversification et la compétitivité de l'économie nationale étant des exigences pressantes dans la conjoncture actuelle, il s'agit de faire en sorte que toutes les entreprises en soient la locomotive et le moteur. Appelées à évoluer dans un espace ouvert sur le monde, ces entreprises n'ont d'autre choix que de développer leurs capacités à innover et à promouvoir la qualité et l'efficacité.

La révision de la Constitution prévoit des dispositions fondamentales qui confortent nos choix nationaux dans le domaine économique notamment pour ce qui est de la préservation de la propriété publique des mines, des hydrocarbures et autres secteurs vitaux.

La Constitution révisée insiste sur la responsabilité de l'Etat dans la sauvegarde des terres agricoles et des ressources hydriques. D'autres amendements consacrent la liberté d'investir, l'encouragement par l'Etat de toutes les entreprises sans distinction, la régulation du marché et la lutte contre le monopole.

Par ailleurs, la révision de la Constitution est venue consolider les options de notre pays dans sa politique sociale et de solidarité nationale notamment dans les domaines de la santé, du logement, de l'enseignement, des droits des travailleurs et de la solidarité avec les catégories démunies et celles aux besoins spécifiques.

Je souhaite que toutes ces mesures incitatives et toutes ces assurances constituent une motivation de plus pour les chefs d'entreprises, les travailleurs, les agriculteurs et tous les partenaires intervenant dans la sphère économique en faveur d'un effort plus que jamais soutenu pour accélérer la cadence du développement économique et social.

Dans le même contexte, et au moment où la Constitution amendée place la jeunesse au centre de lÆengagement national à relever les défis économiques, j'appelle mes compatriotes à suivre l'exemple de nos glorieux chouhada et de nos vaillants moudjahidine qui ont arraché l'indépendance du pays au prix de lourds sacrifices.

Je les appelle également à persévérer sur la voie des aînés qui, des décennies durant se sont employés, sans jamais fléchir, à construire l'Algérie dans un contexte économique et sécuritaire défavorable.

J'appelle mes concitoyens à poursuivre la quête du savoir et de la connaissance dans nos universités, à labourer les terres agricoles et à investir les usines afin que l'Algérie puisse faire face à cette conjoncture difficile induite par le déséquilibre du marché pétrolier international.

Il s'agit surtout d'éviter que le développement et la prospérité du peuple algérien ne soient, une fois encore, l'otage du conflit opposant les segments du capitalisme mondial avec ce qu'il implique comme conséquences sur les cours des matières premières.

En ce jour mémorable, chargé de souvenirs, permettez-moi de rendre, de nouveau, hommage aux travailleurs et travailleuses de l'Algérie et plus particulièrement à l'Union générale des travailleurs algériens pour les efforts et sacrifices qu'elle n'a eu de cesse de consentir à la tête du monde du travail et pour son précieux apport au dialogue national économique et social.

Le rôle et la place de l'UGTA sont reconnus dans le monde du travail à l'échelle du globe comme en témoigne la présence parmi nous de nos frères et soeurs de l'Organisation de l'unité syndicale africaine (OUSA), représentée par une délégation conduite par son président M. Françis Attoli, son secrétaire général, M. Arezki Mezhoud, ainsi que la présidente du Conseil économique et social de Guinée, Hadja Rabiatou Serah Diallo, et le secrétaire général de la confédération des travailleurs de Guinée, M. Amadou Diallo, auxquels je rends hommage.

A cette occasion, mes hommages vont aussi à tous les travailleurs et travailleuses d'Afrique et à tous les peuples frères du continent auxquels nous resterons à jamais reconnaissants pour leur soutien à notre combat libérateur et dont nous partageons les aspirations et les luttes pour le droit au développement et au bien-être.

Gloire à nos martyrs, Vive l'UGTA, Vive l'OUSA,

Vive l'Algérie".

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