22/02/2016 14h:31 CET | Actualisé 22/02/2016 14h:42 CET

Nouvelles technologies: "Le consommateur marocain n'est pas en décalage avec ses voisins européens ou régionaux" (INTERVIEW)

Quand les nouvelles technologies bousculent le consommateur marocain
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Quand les nouvelles technologies bousculent le consommateur marocain

INTERVIEW – L’avènement au Maroc de la 3G en 2007 puis la 4G en juin 2015 a bousculé les habitudes de consommation des Marocains sur le front des nouvelles technologies, notamment les smartphones. Un accès à la Toile démocratisé qui a incité les industries du high-tech à reconsidérer les prix de leurs appareils.

C’est ce qu’explique Youssef Mamou, directeur marketing de Samsung Electronics Maroc, que le HuffPost Maroc a rencontré dans le cadre du Forum Samsung MENA (Middle East and North Africa), organisé à Lisbonne samedi 20 février.

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HuffPost Maroc: Comment évoluent les habitudes de consommation des Marocains en matière de nouvelles technologies?

Youssef Mamou: Jusqu’à présent, aucune étude précise n’a été effectuée pour mesurer l’évolution du mode de consommation des Marocains concernant les nouvelles technologies. Ceci dit, il y a quelques points à soulever: on remarque entre autres une véritable affluence de la part d’une partie importante de la population sur les dernières technologies récemment commercialisées. En réalité, le consommateur marocain n’est pas en décalage avec ses voisins européens ou régionaux (Afrique du Nord et Moyen Orient, ndlr).

Dans l’air des réseaux sociaux et l’accès à l’information instantanée, on remarque un réel engouement vers des téléphones haut de gamme, qui se différencient notamment par les matériaux avec lesquels ils sont produits. Le consommateur marocain est un connaisseur avisé et raffiné. La démocratisation de la connectivité haut débit 3G et 4G au Maroc a permis au marché des smartphones de se développer rapidement, c’est pourquoi il se tourne désormais vers toutes les bourses, et plus uniquement aux clients aisés.

Enfin, autre habitude qui émerge, y compris chez nous; celle de la consommation de deux écrans en même temps. Une récente étude régionale et mondiale a démontré qu’entre sept et huit utilisateurs environ sur dix utilisent un autre appareil lorsqu’ils regardent la télévision. Avec l’avènement des smart TV (télévision intelligente, ndlr), il y a une vraie synergie qui s’est créée entre le mobile et la télé. C’est une tendance qui n’a pas épargné le royaume.

Ces changements se cantonnent-ils aux consommateurs des zones urbaines ou se tournent-ils également vers les populations rurales, plus éloignées des espaces de consommation?

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le smartphone ne se cantonne plus aux pôles urbains. Son développement s’inscrit dans le processus de connectivité du Maroc. Dès que les opérateurs couvrent une région en 3G ou 4G, il y a dès lors un besoin qui se créé là-bas. Les citadins n’ont plus le monopole des applications multimédias. Dans les territoires reculés, on ne va peut-être pas acheter le smartphone dernier cri, mais chacun veut avoir sa part du gâteau, quitte à devoir réduire le budget de la machine à laver, par exemple, et en acheter une semi-automatique qui coûtera moins chère.

A quoi ressemble le profil type du consommateur marocain par rapport aux nouvelles technologies?

Il y a certes le consommateur dit "premium" qui recherchera plutôt un produit haut de gamme, le client un peu plus modeste qui se tournera vers des produits un peu moins chers et celui qui recherche le premier prix mais, avant tout, il n’y a pas de profil type du consommateur marocain en termes de nouvelles technologies. C’est un secteur qui s’éparpille sur l’ensemble des couches sociales avec des prix qui s'adaptent à tout le monde.

Quelles stratégies adoptent les grandes surfaces pour inciter à l’achat de ces appareils et, surtout, lutter contre le secteur informel des nouvelles technologies au Maroc, notamment les vendeurs non agréés qui proposent des prix généralement plus abordables?

L’informel est un fléau pour l’économie: déperdition de la fiscalité, absence de protection sociale, de retraite ou de caisse d’allocation maladie… Les exemples sont nombreux. L’idée, c’est de rééduquer le consommateur à travers une stratégie claire et concise. Les grandes surfaces ne sont pas des concurrents, mais des partenaires. Il s’agit de les accompagner à rendre leur magasin plus attractif, proposer les bons produits qui correspondent aux attentes de l’acheteur, éviter les ruptures de stock, nouer des partenariats avec les distributeurs pour faciliter l’approvisionnement.

Les "shop in shop" (magasin dans un magasin, ndlr) sont un bon exemple de la stratégie que nous voulons adopter avec les centres commerciaux marocains: l’espace, plus agréable, est entièrement dédié à la vente de produits spécialisés dans un secteur. Les vendeurs ont reçu une formation spéciale et sont capables de cibler les attentes et critères recherchés par les clients, toutes bourses confondues.

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