MAROC
20/02/2016 04h:41 CET | Actualisé 20/02/2016 04h:41 CET

2016 sera-t-elle l'année de la représentation des MRE au parlement?

2016 sera-t-elle l'année de la représentation des MRE au parlement?
2016 sera-t-elle l'année de la représentation des MRE au parlement?

CHAMBRE DES REPRÉSENTANTS - L'idée fait lentement (mais sûrement) son chemin. Lors du premier round du dialogue électoral, qui a réuni le Chef du gouvernement avec les chefs de partis politiques, mardi et mercredi 16 et 17 février, la représentation parlementaire des Marocains résidant à l'étranger (MRE) a fait partie des sujets abordés, et a généré un certain consensus entre différentes formations politiques.

"Les Marocains résidant à l’étranger jouissent des droits de pleine citoyenneté, y compris le droit d’être électeurs et éligibles." Cette disposition, extraite de l'article 17 de la Constitution, tarde à se concrétiser. Alors que plusieurs propositions de lois visant à permettre aux MRE de siéger au parlement ont été déposées durant les précédentes années, la représentation parlementaire des MRE reste, jusqu'à l'instant, une promesse en attente de concrétisation.

2014, l'année de l'engagement pour les MRE

Les propositions déposées par le PJD, l'USFP et l'Istiqlal, en 2014, diffèrent certes sur des aspects techniques primordiaux (nombre et taille des circonscriptions à créer à l'étranger, modalités du vote, etc.), ainsi que sur des aspects relatifs à la représentativité (nombre de parlementaires qui seront élus par les MRE), mais toutes concordent, s'agissant de la nécessité d'assurer une représentation parlementaire réelle aux Marocains résidant à l'étranger.

"En 2011, nous avons demandé à ce que les listes nationales (réservant 90 sièges de la Chambre des représentants aux femmes et aux jeunes, ndlr) prévoient aussi un quota pour les MRE. Aujourd'hui, nous ne savons pas encore si nous maintiendrons cette même formule, ou si nous proposerons une forme différente", explique au HuffPost Maroc Abdelhak El Arabi, directeur de la commission des élections au Parti de la justice et du développement (PJD).

Un fait corroboré par le vice-secrétaire général du PJD Souleïman El Amrani, qui nous a indiqué que la question fait l'objet de réflexion au sein du parti, et que les membres du parti de la lampe étudient la formule la plus adéquate pour assurer une représentation parlementaire aux MRE.

Ainsi, le PJD a déposé, en 2014, une proposition de loi visant à accorder une représentation parlementaire aux MRE. La proposition de loi prévoyait la création de quatre circonscriptions électorales à l'étranger, dotées, pour celles où résident plus de 200.000 Marocains, de quatre sièges à la Chambre des représentants. Quant aux régions ne comptant pas une importante communauté marocaine, les députés du PJD proposaient de les unir dans une même circonscription.

La formule proposée en 2014 par le PJD n'est pas sans rappeler celle mise en place par le Maroc en 1984. Cette année-là en effet, les MRE étaient représentés par cinq députés, élus dans cinq circonscriptions à l'étranger. De fait, la création de quatre circonscriptions à l'étranger, représentées par quatre députés, se heurtera possiblement au mêmes écueils que l'expérience de 1984.

Ce qui a lourdement compromis la viabilité de cette expérience, c'était précisément la superficie des circonscriptions et l'important nombre de MRE que les cinq députés devaient représenter. Le député Rachid Lahlou, élu à Madrid, devait représenter les Marocains vivant en Espagne, en Italie, en Angleterre, en Amérique du nord et du sud et en Afrique subsaharienne - surnommé pour cette raison le "député des trois continents", comme le relève le chercheur en migrations Abdelkrim Benguendouz dans un article consacré au sujet.

Combien de sièges pour les MRE?

L'Istiqlal et l'Union socialiste des forces populaires (USFP) ont eux aussi proposé des textes de lois dans ce sens en 2014. L'USFP souhaitait que les MRE soient représentés par 30 députés, l'Istiqlal par 60. Si ce nombre de sièges est conséquemment plus important que celui que le PJD veut accorder aux MRE, il n'en reste pas moins qu'il semble peu réaliste.

La Chambre des représentants compte 395 députés, dont 90 élus sur listes nationales. Permettre aux MRE d'occuper entre 30 et 60 sièges à la première chambre ne semble pas beaucoup enthousiasmer les acteurs politiques que le HuffPost Maroc a consultés, et qui appartiennent autant à la majorité qu'à l'opposition. Pour ces derniers, une représentation équilibrée des MRE passerait par l'octroi d'un nombre de sièges situé entre 10 et 20.

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