MAROC
20/02/2016 06h:00 CET | Actualisé 20/02/2016 09h:06 CET

Attentats de Paris: Les témoignages poignants de Maya et Mehdi, proches d'Amine Ibnolmobarak

Attentats de Paris: Les témoignages poignants de Maya et Mehdi, proches d'Amine Ibnolmobarak
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Attentats de Paris: Les témoignages poignants de Maya et Mehdi, proches d'Amine Ibnolmobarak

RESCAPÉS - Ils ont survécu aux attaques meurtrières du 13 novembre à Paris. Maya et Mehdi, respectivement la femme et un ami d'Amine Ibnolmobarak, le jeune architecte marocain mort pendant l'attentat, témoignent dans les colonnes du Monde.

Trois mois après le drame, le quotidien français dresse une série de portraits de survivants, qui tentent de se reconstruire physiquement et psychologiquement après le drame.

"Le fait qu’ils tuaient leurs semblables ne les a même pas effleurés"

Maya Nemeta, qui travaillait avec son mari en tant qu'architecte, était à la terrasse d'un des cafés parisiens attaqués avec Amine, Mehdi, et deux amies qui sont décédées. La jeune femme de 27 ans a reçu "une volée de balles de kalachnikov tirée par un terroriste". Elle est en centre de rééducation depuis deux mois en région parisienne et se déplace avec des béquilles.

Derrière la blessure physique, celle plus douloureuse d'avoir perdu son homme. "On était complémentaires dans la vie comme dans le travail. Je me sens bancale. Amine était tout pour moi", confie-t-elle au Monde.

Quand elle a appris l'identité des terroristes (la plupart sont belges ou français d'origine marocaine), Maya a "éclaté en sanglots". Elle explique: "Amine et moi, on était le Maroc et la France à nous deux. Et ils auraient pu être nos voisins, nos amis. Le fait qu’ils tuaient leurs semblables ne les a même pas effleurés… Je ne peux pas comprendre leur acte."

"On m’a rendu la vie, je vais en profiter"

Mehdi Zaïdi, "vieux copain" d'Amine depuis le lycée Descartes à Rabat, a reçu six balles dans le corps. Pour lui, l'attentat de Paris est "le témoignage atrocement violent d’un échec collectif citoyen et républicain. La preuve qu’on n’a pas été capables de trouver une définition commune à ce que c’est qu’être français", explique-t-il au Monde.

A 30 ans, ce "geek" franco-marocain qui était "prédisposé à tout contrôler" avant le drame avoue aujourd'hui qu'il doit "accepter son état de faiblesse". "Ma tête avait toujours gouverné mon corps, mais aujourd’hui celle-ci est abîmée et il suit moins bien".

Le jeune homme, qui marche en boitant, ne veut pourtant pas se laisser abattre ni se poser la question: "pourquoi suis-je encore vivant?". "On m’a rendu la vie, je vais en profiter", explique-t-il. Quelques jours avant les attaques, son ami Amine avait écrit sur le mur de son appartement: "Nous sommes à Dieu et à lui nous retournons".

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