TUNISIE
19/02/2016 08h:02 CET | Actualisé 22/02/2016 12h:36 CET

Tunisie: Safi Said justifie ses propos racistes en dénonçant "l'impérialisme" des droits de l'Homme

Tout commence par un débat le 18 février au soir sur la chaine Al Hiwar Ettounsi à propos d'une saisie d'armes dans le port de Radès annoncée par la douane. Rien à priori ne laissait présager un dérapage raciste. C'était sans compter sur Safi Said, invité à débattre sur la question aux côtés du juriste Jaouher Ben Mbarek notamment. Partout dans le monde, "l'appareil de la douane est très compliqué", a expliqué le journaliste et candidat à la présidentielle de 2014 qui livre ensuite un curieux exemple:

"La France ne place jamais de Français dans l'appareil de la douane (...) Ils (les douaniers) sont tous des nègres, parce que le nègre ne pardonne jamais", a dit Safi Said, faisant ainsi la différence entre la nationalité (française) et la couleur de la peau (noire). Plus tard, il lancera même un chiffre pour étayer son argumentation: "70% des douaniers en France sont des nègres!".

"Il y a un soupçon de racisme dans ces paroles (...) Cela veut dire quoi 'nègres'?", a alors insisté Jawher Ben Mbarek, membre de l'association Doustourna pour la défense de la liberté et des droits humains.

"Les nègres sont des citoyens", s'est défendu Safi Said. "Ne le considérez pas (le mot nègre) à travers les droits de l'Homme", a-t-il ajouté, avant de décrire la lutte pour les droits de l'Homme comme "un nouvel impérialisme" et de fustiger "les malades des droits de l'Homme".

"J'ai fait trois livres sur l'Afrique", a-t-il lancé à Jaouher Ben Mbarek, en le tirant par le bras, pour bien lui signifier qu'il "connait l'Afrique".

Un échange d'insultes a alors eu lieu entre les deux hommes, avant que l'animateur de l'émission, Hamza Belloumi, n'interrompe momentanément l'émission.

Ce n'est pas la première fois que des militants des droits de l'Homme sont épinglés dans les médias. Sur ce même plateau d'Al Hiwar Ettounsi, le 11 février dernier, Ahmed Rahmouni, président de l'Observatoire Tunisien pour l'Indépendance de la Magistrature (OTIM) s'est fait éreinter par le ministre de l'Education, Néji Jalloul, pour avoir accusé la police de torture et de falsification de preuves sur 8 personnes arrêtées après l'attentat du Bardo et libérées en aout dernier.

"Vous défendez le terrorisme, je ne suis pas honoré de m'assoir à vos côtés", avait lancé le ministre à Ahmed Rahmouni, avant de quitter le plateau en signe de protestation.

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