TUNISIE
19/02/2016 09h:45 CET | Actualisé 21/02/2016 08h:44 CET

Tunisie: Farouk Aichaoui, jeune entrepreneur de Kasserine qui a lancé un projet de recyclage de pneus

D'eco meubles/ page Facebook

Il a 28 ans, est de Kasserine, ce n'est pas un demandeur d'emploi mais un entrepreneur qui a eu l'ingénieuse idée de transformer des pneus usagés en meubles de décoration.

Farouk Aichaoui n'a pas de diplôme, mais a beaucoup d'idées: "J'avais en tête beaucoup de projets mais je me suis fixé sur l'idée de recycler des pneus usagés en objets de décoration. J'ai trouvé que le projet était innovant et écologique. Au lieu de les brûler ou de les jeter, avec les dégâts que cela peut avoir sur l'environnement, on peut en faire un objet utile et beau. On joint ainsi l'utile à l'agréable", a affirmé le jeune entrepreneur au HuffPost Tunisie.

Farouk Aichaoui a commencé par créer un échantillon qu'il a distribué à son entourage pour avoir leurs avis et savoir "si l'objet est périssable, s'il dégage une odeur désagréable, c'était pour le tester", a-t-il expliqué.

"Ayant eu la confirmation que ça plaisait et après avoir obtenu le certificat de la direction régionale de la santé qui attestait que ces pneus transformés ne mettaient nullement en danger la santé et qu'ils ne dégageaient pas d'odeur sous une température ambiante, j'ai loué un local et commencé moi-même la fabrication".

C'était il y a à peine un an et demi. Depuis, le projet a grandi, et "les demandes d'achat se succèdent".

Farouk Aichaoui dit se débrouiller avec les moyens de bords, "souvent précaires". "Je suis obligé de faire avec pour le moment. Ce que je gagne va majoritairement à mes collaborateurs et au payement du loyer du local".

Il a essayé de solliciter l'aide de l'Etat mais sans succès car on lui demande un certificat de compétence professionnelle: "Or cette spécialité n'existe pas pour le moment. On n'est pas obligé d'avoir des études en la matière pour le faire. Il suffit juste d'avoir de la passion".

Entre temps, le jeune entrepreneur suit des cours du soir en génie électrique: "Je n'ai pas terminé mes études en biologie, j'ai pensé faire cette formation, ça peut aider".

Farouk Aichaoui est-il le contre-exemple des jeunes en attente d'un emploi fourni par l'Etat? "Moi je comprends le calvaire des jeunes de Kasserine. J'ai décidé de ne pas attendre que l'Etat me trouve un emploi mais d'entreprendre. Comme moi, il y a plein de jeunes, à Kasserine ou ailleurs, bourrés d'idées, capables de créer de l'emploi pour eux et pour les autres. Je pourrais être un exemple pour des jeunes en chômage mais l'Etat ne t 'encourage à rien. Au contraire, il t'accable par les paperasses administratives", déplore-t-il.

"Moi les jeunes me disent, on n'a pas envie de galérer comme toi, ça ne servira à rien de toute façon, tout ce que tu gagnes tu le perdras dans les charges", se désole le jeune homme.

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