TUNISIE
19/02/2016 12h:14 CET | Actualisé 19/02/2016 15h:08 CET

Des représentants de la société civile au Parlement européen pour parler de l'homosexualité en Tunisie

Betty2Boop/Flickr

SOCIETE - Yamina Thabet, présidente de l'association de soutien aux minorités en Tunisie (ATSM), a été officiellement invitée à débattre à l'intergroupe des LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuel(le)s et Transgenres) , un forum informel du Parlement européen.

D'autre part Hédi Salhy, vice-président de l'association Shams pour la dépénalisation de l'homosexualité s'est joint à ce forum.

Au programme: le respect des droits humains en Tunisie, notamment pour les homosexuels.

"Je pense qu'il y a une forme de vision un peu tronquée de la Tunisie", nous a confié Yamina Thabet. "Ils croient que parce que le statut de la femme est meilleur par rapport autres Etats arabes, c'est suffisant. Il faut cesser de nous comparer aux autres pays de la région. Nous, on aspire à jouir de tous nos droits humains sans concession", a-t-elle poursuivi.

La question de l'homosexualité en Tunisie a été au centre des discussions: "J'ai rappelé que l'article 230 du Code pénal criminalisant l'homosexualité était une honte pour la Tunisie, il est en totale contradiction avec la Constitution et avec les conventions internationales signées par la Tunisie", a renchéri la présidente de l'ATSM.

"Pour avancer dans cette lutte pour nos droits, on aura besoin de protection mais également d'entrer en contact avec les réseaux LGBT mondiaux", a affirmé Hédi Salhy au HuffPost Tunisie.

"J'ai parlé aussi de la situation des six jeunes de Kairouan et du procès en cours contre Shams ainsi que du comportement homophobes des autorités et autres personnalités politiques et médiatiques envers les homosexuels en Tunisie, qui demeurent impunis", a précisé le représentant de Shams.

Peut-on considérer ce débat comme une ingérence étrangère dans les affaires internes de la Tunisie?

Pour Hédi Sahly, "ce genre de collaboration ne constitue en rien une incitation à une intrusion dans nos affaires intérieures. Les personnes avec qui nous avons discuté sont convaincus par la justesse de notre cause et ils veulent échanger leurs expériences avec nous. Le militantisme LGBT doit être sans frontières".

"Ces échanges sont tout à fait routiniers. J'ai répondu à une invitation officielle, le débat était public, il n'y avait rien à cacher. Ces rencontres servent à mieux faire connaitre la Tunisie au delà de la version officielle des autorités et elles sont fréquentes qu'elles soient avec les pays européens ou maghrébins", a plaidé Yamina Thabet.

Ce n'est pas la première fois que des membres de la société civile tunisienne sont conviés au Parlement. En janvier, des représentants du Quartet, lauréat du prix Nobel de la Paix, ont été reçus au comité économique et social du Parlement européen pour être félicités et pour renforcer le partenariat économique. Avant eux, en 2013 l'ancien président Moncef Marzouki avait prononcé un discours sur la Tunisie.

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