MAROC
19/02/2016 05h:37 CET | Actualisé 19/02/2016 05h:39 CET

Le Brexit expliqué aux Froggies, alors que s'ouvre un sommet crucial sur l'avenir de la Grande-Bretagne à Bruxelles

Le Brexit expliqué aux Froggies, alors que s'ouvre un sommet crucial sur l'avenir de la Grande-Bretagne à Bruxelles
Reuters
Le Brexit expliqué aux Froggies, alors que s'ouvre un sommet crucial sur l'avenir de la Grande-Bretagne à Bruxelles

INTERNATIONAL - Un sommet crucial. Les dirigeants européens vont tenter d'arracher un compromis d'ici vendredi 19 février à Bruxelles pour garder le Royaume-Uni dans l'UE. Les tractations pour empêcher un "Brexit" doivent se poursuivre jusqu'à la dernière minute mais il reviendra aux 28 chefs d'Etat et de gouvernement de trancher les contentieux en suspens.

"Après mes consultations ces dernières heures, je dois l'avouer franchement: Il n'y a toujours pas de garantie que nous parviendrons à un accord", avait dramatisé mercredi 17 février le président du Conseil européen Donald Tusk, à la veille de ce sommet qui s'ouvre ce jeudi 18 février pour s'achever en principe vendredi, et dont les négociations s'annoncent difficiles.

La Grande-Bretagne veut en effet (re)négocier les termes de son adhésion à l'Union européenne. Le Premier ministre David Cameron espère parvenir à un accord à Bruxelles avant un référendum qui pourrait se tenir dès cet été sur une sortie britannique de l'Europe.

On souhaite donc bien du courage aux négociateurs pour se mettre d'accord... En attendant, voilà tout ce qu'il faut savoir pour s'y retrouver dans les méandres de ce marchandage entre Londres et Bruxelles, typique d'une exception so british.

D'où vient ce référendum?

Ce scrutin est une promesse de campagne datant de 2013. Pour contenir la grogne des eurosceptiques du parti Conservateur, inquiets de la montée des europhobes du Ukip de Nigel Farage, David Cameron promet de renégocier les conditions d'adhésion de la Grande-Bretagne à l'Union européenne, et d'organiser un référendum d'adhésion (ou de sortie) au plus tard en 2017, si les Conservateurs remportent les prochaines élections générales. Ce qui fut chose faite en mai 2015.

Personnellement favorable au maintien de son pays dans l'Union européenne, David Cameron est engagé dans un difficile numéro d'équilibriste.

Quelles concessions la Grande-Bretagne veut-elle obtenir?

Les eurosceptiques britanniques reprochent à Bruxelles toutes sortes de chose: trop interventionniste, trop bureaucratique, trop coûteux, etc. Depuis l'an dernier, la crise des migrants et l'adhésion à l'espace Schengen sont devenus des sujets centraux de la campagne.

Le 2 février, le préaccord présenté par Donald Tusk, le président du Conseil européen, résume bien les sujets chauds du moment. C'est cette base qui servira de discussion les 18 et 19 février.

  • Immigration

Un nouvel accord autoriserait David Cameron à limiter pendant quatre ans les aides sociales pour les ressortissants de l'UE travaillant au Royaume-Uni. Il créerait aussi un nouveau mécanisme de "sauvegarde" en cas "d'afflux de travailleurs d'autres Etats membres d'une magnitude exceptionnelle sur une durée prolongée".

En théorie, tous les états membres pourraient l'appliquer jusqu'à quatre ans, avec l'accord de la Commission européenne et un vote à la majorité qualifiée au sein du Conseil européen des 28 Etats membres. Mais en pratique, il est taillé sur mesure pour le Royaume-Uni qui serait le seul à en bénéficier.

  • Souveraineté

Le Royaume-Uni s'irrite de la mainmise de Bruxelles et David Cameron veut clairement avoir la possibilité de se désolidariser d'une marche vers "une Europe toujours plus intégrée".

D'après le préaccord, un système de "carton rouge" permettrait aux parlements nationaux des Etats membres - à condition de recueillir 55% des votes - de stopper des projets législatifs de la Commission européenne. Le système actuel de "carton jaune" ne permet que des demandes d'explication de la législation européenne.

  • Bureaucratie

Bruxelles devra tout faire pour améliorer la compétitivité des entreprises, en limitant la paperasse administrative et en réduisant certaines normes pesant sur les entreprises.

Que vont voter les Britanniques?

Ils ont déjà changé d'avis plusieurs fois. Mais s'il faut en croire les dernières tendances, c'est le non qui a le vent en poupe. Après le croisement des courbes, ce dernier a pris le large. Début février, il avait 9 points d'avance sur le oui.

Quelles seraient les conséquences pour le Royaume-Uni...?

Là, c'est à chacun de choisir son camp. Les arguments sont bien sûr diamétralement opposés selon que l'on soit pour ou contre le Brexit. Plusieurs grandes banques de la City ont déjà fait savoir qu'elles y étaient farouchement opposées. Goldman Sachs et JP Morgan sont des soutiens financiers du "oui". Elles craignent une complication, et un renchérissement, de leurs activités.

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