TUNISIE
18/02/2016 06h:18 CET

Le sit-in des chômeurs de Kasserine se prolonge à Tunis

Huffpost Tunisie

"Devant le ministère de l'Emploi, il n'y a pas d'endroit pour nous réfugier et les conditions météorologiques n'étaient pas du tout clémentes. On s'est retrouvé mouillés jusqu'à l'os. Nous sommes tous tombés malades", a déploré Yamina Ferchichi, jeune diplômée chômeuse de Kasserine, au Huffpost Tunisie, en sit-in avec une trentaine de personnes devant le ministère de l'Emploi à Tunis.

"On a fait une collecte et on a acheté une bâche pour nous protéger. Une quinzaine de policiers est arrivée et nous l'a confisquée (...) sans une once d'humanité, ils nous ont laissé greloter dans le froid et la pluie", a-t-elle ajouté.

Yamina est la seule fille du sit-in organisé par la délégation des représentants de Kasserine. Elle 29 ans, et a pour seul bagage un diplôme de designer obtenu il y a plus de six ans à l'Institut Supérieur des Arts et Métiers de Kasserine.

Le sit-in a été décidé suite à l'échec des négociations lors de la réunion du 12 février ayant rassemblé ces derniers avec 6 députés du gouvernorat de Kasserine, Zied Ladhari, ministre de la Formation professionnelle et de l'emploi et Yassine Brahim, ministre du Développement, de l'investissement et de la coopération internationale.

Les larmes au coin, Yamina blottie sous une couverture et adossée au mur du ministère relate son calvaire quotidien:

"Il n'y a pas que le temps qui était violent avec nous, les passants nous insultent et nous traitent de tous les noms. À part l'aide de certains habitants de la capitale les conditions sont intenables. Rien que pour satisfaire mes besoins les plus primaires je dois à chaque fois payer un café pour pouvoir accéder aux toilettes du cafétéria du coin."

Mercredi, trois des membres de la délégation de Kasserine, participant au sit-in se sont cousu la bouche en forme de protestation.

sitin kasserinetunis

Pour faire entendre leurs voix et faire passer leur message, les manifestants de Kasserine ont organisé une conférence de presse le 17 février 2016 au Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT). Tout au long, de nombreuses revendications sont réitérées.

Notamment, l'application de la discrimination positive pour la région de Kasserine, l'embauche d'une personne de chaque famille dans un délai de trois ans, l'embauche des chômeurs non diplômés dans la fonction publique en garantissant le Smic, créer une section du ministère de l'Environnement pour traiter les problèmes spécifiques de la région.

"Ces demandes comportent en elles-mêmes des solutions. Elles représentent des mécanismes que le gouvernement peut adopter pour résoudre de manière concrète le problème du chômage dans la région", a déclaré Abdallah Ltifi, l'un des porte-parole de la délégation de Kasserine lors de la conférence.

Les demandes de Yamina se confondent avec les réclamations du groupe et par ailleurs de la région. "Je veux juste travailler", conclut-elle.

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