ALGÉRIE
17/02/2016 04h:35 CET | Actualisé 17/02/2016 04h:35 CET

Noureddine Bouterfa jette un froid sur le programme du renouvelable de "son" ministre

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"C’est techniquement une utopie", a déclaré Noureddine Bouterfa PDG du groupe Sonelgaz à propos des 22 gigawatts d’électricité verte que prévoit de réaliser l’Algérie à l’horizon 2035.

Il a fait cette déclaration fracassante lors de son intervention ce matin dans la session inaugurale du 5e Symposium de l’association de l’industrie du gaz à l’hôtel Sheraton d’Alger.

Le "redimensionnement" du programme de l’électricité à partir de source d’énergie renouvelable a d’autant été un moment spectaculaire de cette session d’ouverture, qu’il survenait quelques minutes après l’intervention inaugurale de Salah Khebri, le ministre de l’énergie, qui évoquait l’objectif des 22 gigawatts d’électricité verte à 2035.

Noureddine Bouterfa a enchaîné pour situer les limites réalistes d’un plan de production d’électricité verte en mobilisant "tout le génie algérien" d’ici à 2035: "7000 mégawatts en CSP (concentré thermique) et 8 000 autres en photovoltaïque". Il a ajouté que Sonelgaz prendrait en charge un tel programme redimensionné dans le cas ou les conditions de son financement sont réunies.

Ce qui n’est clairement pas le cas aujourd’hui a-t-il insinué. Il a ajouté une autre condition -habituelle- au déploiement du plan du renouvelable algérien : "l’intégration de toute la chaîne du renouvelable en Algérie". Le PDG de Sonelgaz a situé à 10% le taux de couverture "raisonnable" de la demande d’électricité nationale par l’électricité verte que l’Algérie pouvait atteindre les 20 prochaines années.

La demande domestique en gaz naturel, génération électrique comprise, devait passer de 30 milliards de m3 actuellement à 48 milliards m3 en 2025 a notamment précisé Noureddine Bouterfa.

"Sonatrach et Sonelgaz doivent sortir de l’engrenage des prix bas"

Le PDG de Sonelgaz, qui intervenait en tant que président du comité algérien de l’énergie (CAE) a été fidèle à sa position sur le déploiement du programme de génération de l’électricité verte en Algérie. Il considère que sans un système de prix adéquat le financement de ce programme tel qu’il a été dessiné est impossible.

Il a d’ailleurs déclaré, dans sa même intervention devant les membres du symposium de l’AIG, que "Sonatrach et Sonelgaz doivent sortir de l’engrenage des prix bas" de l’énergie sur le marché domestique. "Les besoins de financements des investissements des dix prochaines années sont de 1240 milliards de dinars", a-t-il précisé, pour anticiper des besoins de consommation qui vont se multiplier par deux à 2030 et réaliser entre autres 100 000 km de réseau de distribution.

Des montants considérables que les revenus actuels de Sonelgaz ne permettront pas de mobiliser, d’où "la problématique de financement" évoqué par Noureddine Bouterfa.

Le PDG de Sonelgaz a également fait une allusion directe au plafond du taux de raccordement des foyers au réseau du gaz naturel en parlant d’une courbe asymptotique de sa hausse à partir de 62% de taux de raccordement. La consommation algérienne du gaz naturel a encore connu en 2015 une croissance de 5%, l’une des plus élevé au monde.

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