MAROC
16/02/2016 11h:27 CET | Actualisé 16/02/2016 11h:34 CET

Exposition: Quand l'art se met au service des malades souffrant de troubles mentaux

Quand l'art se met au service des malades souffrant de troubles mentaux
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Quand l'art se met au service des malades souffrant de troubles mentaux

SANTÉ MENTALE - En 1997, le peintre Mohamed Kacimi, décédé subitement en 2003 des suites d'une hépatite C, a mené une expérience jusque là inédite au Maroc. Le peintre engagé pour les droits humains s'était rendu au centre médico-psychologique de Rabat, relevant de l'hôpital universitaire psychiatrique Arrazi, afin de lancer un atelier destiné aux adolescents internés, épaulé par son ami, le psychiatre Jalil Bennani.

De cet atelier, qui a duré trois mois où Mohamed Kacimi et Jalil Bennani ont vécu avec une quinzaine d'adolescents afin de les aider à exprimer leurs émotions à travers le peinture, est né un livre, Traces et paroles, co-écrit par les deux hommes. Le peintre et le psychiatre y racontent leur expérience ainsi que l'apport de l'art dans la thérapie. Une exposition itinérante des tableaux réalisés par les patients a également eu lieu à partir de 2008. Les oeuvres ont été notamment exposées au musée Batha à Fès à l'occasion du Festival des musiques sacrées, ainsi qu'à la Bibliothèque nationale du royaume du Maroc (BNRM) à Rabat et la Fondation Dar Bellarej à Marrakech.

Après plusieurs années où ces tableaux ont été préservés dans cette même fondation marrakchie, ils reviennent désormais chez leur propriétaire, l'hôpital Errazi. Pour célébrer ce retour au bercail, une exposition aura lieu le 17 février au sein du Centre de jour de l'établissement de santé, fondé par l'association Sila, qui oeuvre pour le bien-être des malades de l'hôpital.

Ce vernissage sera l'occasion pour le docteur Jalil Bennani de revenir sur cette expérience et pour l'association de lancer son atelier "Art et santé mentale". "Nous comptons, à travers cet atelier, mener de nouveau cette expérience", nous confie Hatoun Myriam Hibrawi Kadri, présidente de l'association dont le choix s'est posé sur l'artiste peintre Said Qodaid pour reprendre le flambeau. "Une autre exposition, mettant en avant ces oeuvres qui verront prochainement le jour est également envisagée", souligne celle qui met en place des méthodes alternatives pour améliorer les conditions de vie des malades de l'hôpital Errazi.

La thérapie par l'art

Cette initiative rentre dans le cadre des activités proposées par l'association Sila, qui a vu le jour en 2010 au sein de l'hôpital Errazi. Depuis sa création, Sila a proposé plusieurs activités aux patients afin de mettre en avant des thérapies alternatives, axées sur les arts et la culture.

Au sein de son centre de jour, qui a été fondé par l'association, soutenue par la Fondation Mohammed V pour la solidarité, plusieurs activités à l'adresse des malades ont lieu à un rythme régulier: une salle de sport permet aux patients d'avoir accès à des activités adaptées, des ateliers de peinture et de dessin sont régulièrement organisés, un atelier de poterie animé par un potier prend place dans cet espace de soins et de convalescence, et des bénévoles animent des ateliers de musique et de théâtre.

"Cela permet à plusieurs patients qui n'ont pas forcément besoin de traitement médical d'aller mieux, et à d'autres d'améliorer leur situation en évitant de les bourrer de médicaments", nous explique Latifa Zniber, vice-présidente de l'association Sila.

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