ALGÉRIE
16/02/2016 06h:44 CET | Actualisé 16/02/2016 07h:12 CET

L'Arabie, la Russie, le Qatar et le Venezuela d'accord pour geler leurs productions de pétrole

Pixabay

La Russie, l'Arabie saoudite, le Venezuela et le Qatar ont annoncé ce mardi avoir conclu un accord pour geler leur production de brut à son niveau de janvier dans le but de réduire et absorber la surabondance mondiale, a rapporté ce matin l'agence de presse Reuters.

Les ministres du Pétrole de ces quatre pays, principaux producteurs du marché, ont souligné lors d'une réunion improvisée mardi à Doha (Qatar) la condition d'être suivis par d'autres grands producteurs pour la mise en application de cet accord.

Il s'agit notamment de l'Iran qui souhaite au contraire augmenter ses capacités de production, depuis la levée des sanctions internationales en janvier 2016.

Le ministre qatari Mohammad bin Saleh al Sada a déclaré que le gel de la production devrait permettre de stabiliser le marché pétrolier, en soutenant le prix du baril, tombé le même mois à son plus bas niveau depuis 12 années, a rapporté Reuters.

De son côté, le ministre saoudien Ali al Naïmi a dit espérer que cet accord soit adopté par les autres producteurs, membres ou non de l'Organisation des producteurs et exportateurs de Pétrole (OPEP).

"La raison pour laquelle nous nous accordons sur un gel potentiel de la production est simple: c'est le début d'un processus que nous évaluerons au cours des prochains mois et nous déciderons si nous avons besoin d'autres mesures pour stabiliser et améliorer le marché", a-t-il ajouté, relayé par la même source.

"C'est très important. Nous ne voulons pas de fluctuations fortes des cours, nous voulons répondre à la demande. Nous voulons un prix du pétrole stable."

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L'obstacle "Iran"

Eulogio Del Pino, ministre vénézuélien, a quant à lui révélé qu'il se rendrait demain à Téhéran afin de discuter de cet accord avec ses homologues iranien et irakien, les principaux obstacles à la mise en application de cet accord. En effet, l'Iran et l'Irak souhaitent augmenter leur production dès cette année.

Téhéran, au contraire, désire récupérer les parts de marchés perdues durant les années de sanctions économiques internationales.

La compagnie publique Rosneft a de son côté salué cet accord, estimant néanmoins qu'il était trop tôt pour en tirer des conclusions, rajoute Reuters.

Cette réunion à Doha s'est tenue après 18 mois de baisse des cours du brut, passés de plus de 120 dollars le baril mi-2014 à moins de 30 dollars le mois dernier. L’Arabie saoudite avait d'ailleurs refusé de jouer le régulateur en baissant sa production, soulignant la nécessité de défendre les parts de marché des pays membres de l’OPEP.

Les responsables saoudiens ont fait valoir qu’une baisse de la production des pays membres de l’OPEP serait sans effet puisque les autres producteurs (Russie, industrie du pétrole de schiste américaine) vont combler sans difficulté le manque.

Alexander Novak, ministre russe de l'énergie, a déjà évoqué une réunion possible ce mois-ci entre producteurs Opep et non-Opep. "Certains pays ont proposé une telle initiative et la question est actuellement étudiée par les différents pays. De notre côté, nous avons confirmé la possibilité de notre participation" a-t-il déclaré fin janvier.

"Actuellement, les pays de l’OPEP tentent de convoquer une réunion avec la participation de pays membres de l’OPEP et de pays non membres en février" avait-il rajouté, en laissant même entendre que l’Arabie saoudite ne serait plus hostile à une baisse de la production de l’ordre de 5% par pays si elle est partagée.

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