15/02/2016 07h:17 CET | Actualisé 15/02/2016 07h:17 CET

La ligne Motril-Tanger divise en Andalousie

La ligne Motril-Tanger divise en Andalousie
Matt Perreault/Flickr
La ligne Motril-Tanger divise en Andalousie

TRANSPORT - Il y a ceux qui sont pour, et ceux qui sont contre. La ligne Tanger-Motril ne fait pas l'unanimité en Andalousie. Les commerçants semblent ravis de voir l'ouverture d'une ligne qui offrira de nouvelles opportunités commerciales, mais les agriculteurs, eux, font grise mine: "Si cette nouvelle ligne avec Tanger permettra d'apporter de nouveaux produits et de nouveaux services, nous en sommes heureux." a expliqué Miguel Monferrer, le Secrétaire général de Goag Grenada a un journal local. "Mais de notre côté, nous n'allons rien exporter et nous pouvons sans doute supposer que des marchandises qui entreront directement en compétition avec les nôtres seront commercialisées dans les mêmes grandes surfaces où nous vendons nos produits". Le Secrétaire général dénonce l'échec des accords entre l'Union européenne et ses pays voisins au sujet de l'import de produits, qui ne sont pas autant contrôlés que le souhaiteraient les agriculteurs espagnols.

Le développement de Tanger attire les commerçants espagnols

Le son de cloche est différent pour Luis Martín, le président de l'Association des entrepreneurs de la Costa Tropical: "Cette ligne nous permettra de faire des affaires et de créer plus d'emplois. Cela aidera beaucoup l'économie de la région" affirme-t-il.

Pour le président de la Chambre de commerce de Motril, Ángel Gijón, cette ligne servira de "pont entre deux continents, et en particulier avec une zone en plein développement" et aura "un impact commercial important".

Ce n'est pas le premier ras-le-bol des agriculteurs espagnols au sujet de l'importation de produits marocains dans leur pays. Fin janvier, la COAG (Coordination des Organisations d'agriculteurs et d'éleveurs) d'Andalousie avait appelé l'Union européenne à prendre "des mesures urgentes" face à l'augmentation de l'importation de tomates qui contribue, selon elle, à "l'effondrement du marché communautaire".

De leur côté, les producteurs de tomates dans les îles Canaries ont connu une chute des exportations de tomates de 82% en 15 ans. Ces derniers estiment que la compétitivité avec le royaume leur a porté préjudice, en partie à cause du coût du travail, jugé beaucoup moins important au Maroc qu'en Europe. Le Maroc est à l'heure actuelle le pays non européen qui exporte le plus de légumes vers l'Union européenne.

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