MAROC
12/02/2016 05h:25 CET | Actualisé 20/04/2016 10h:59 CET

Eau, électricité... A Tanger, un think tank se penche sur le problème de l'accès aux services de base

Eau, électricité… A Tanger, un think tank se penche sur le problème de l’accès aux services
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Eau, électricité… A Tanger, un think tank se penche sur le problème de l’accès aux services

DÉVELOPPEMENT URBAIN - Accès à l’eau et à l’électricité, gestion des déchets, transports… Comment garantir au mieux l’accès aux services de base dans les villes, alors que le taux d’urbanisation atteindra 60% en Afrique en 2050?

C’est la question posée lors d’un colloque organisé jeudi 11 février à Tanger par le think tank (Re)sources, cercle de réflexion dont l’objectif est d’attirer l’attention des décideurs politiques et des médias sur les problématiques d’accès aux services essentiels dans les pays en développement.

Ce n’est pas par hasard si Tanger, qui connaît à la fois une explosion démographique et un développement urbain important, a été choisie pour accueillir cet événement. Deuxième pôle industriel du royaume, la ville qui compte 1.113 habitants/km2 connaît un taux d’urbanisation de 82% et un taux d’accroissement annuel de la population de plus de 3%. Son réseau routier, lui, s’accroît de 2,5% par an depuis une dizaine d’années.

Une urbanisation galopante qui pose une série de questions sur la gestion du développement de l’habitat informel, le manque d’harmonie ou d’identité urbaine, et le difficile accès aux services publics, notamment dans les bidonvilles.

Politiques communes

L’ancien Premier ministre français Michel Rocard, président d’honneur du think-tank, a ouvert le débat en insistant sur le problème de méfiance entre pouvoir central et pouvoir local, qui freine parfois la mise en place d’infrastructures, notamment "en cas de non respect de l’autonomie des communes par le pouvoir central".

Les différents intervenants des tables rondes sont tombés d’accord sur le fait qu’il était essentiel de favoriser la bonne gouvernance, en mettant en place des politiques communes à différents échelons: national, régional ou local, mais aussi entre l’Etat, les ONG, la société civile et les élus.

"La situation peut devenir inquiétante si une approche prévisionnelle n’est pas consolidée avec des modes d’harmonisation entre ces différentes parties", a indiqué le président du conseil de la ville de Tétouan, Mohamed Idaomar.

Sensibilisation

"Le problème n’est pas seulement l’installation d’infrastructures, mais aussi l’utilisation des ressources qui se raréfient", a-t-il indiqué, appelant à "sensibiliser et éduquer les populations à l’utilisation responsable de ces ressources", notamment via les outils technologiques, et à trouver des solutions alternatives sur le court terme. M. Idaomar a ainsi pris l’exemple du traitement des eaux usées qui peuvent ensuite servir à arroser les espaces verts, pour éviter d’utiliser de l’eau potable.

Le think tank a également émis plusieurs recommandations, parmi lesquelles l’adoption d’un manifeste qui obligerait les Etats à afficher la part de leur PIB consacrée à leurs services de base, en distinguant la part nationale, régionale, locale, et celle d’organisations privées. "S’il est avéré que les fonds existent localement, ils ne sont la plupart du temps pas investis dans les infrastructures de services essentiels, du fait de choix de politiques qui tendent à conduire à des modèles non rentables pour les investisseurs", note le think-tank.

Concernant les plans de gestion et de développement des services d’eau potable, (Re)sources appelle aussi à prendre en compte les quartiers informels au même titre que les quartiers formels. "Il faut que les pouvoirs publics identifient les axes principaux de voirie, afin de garantir l’accès à l’eau et à l’électricité dans les bidonvilles", a indiqué Gérard Payen, conseiller Eau et Assainissement auprès du secrétaire général des Nations unies. Ce dernier a rappelé que le droit à l’eau avait été reconnu comme droit humain par l’ONU en 2010.

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