TUNISIE
11/02/2016 11h:59 CET | Actualisé 12/02/2016 08h:18 CET

Tunisie: Le quotidien des marins de Zarzis entre pêche et sauvetages

À Zarzis, petit port de pêche au sud de la Tunisie, entre les sorties hebdomadaires en mer, les pêcheurs du port font également office de sauveteurs de migrants. Selon Shams Eddine, président de l'association des pêcheurs traditionnels, interviewé dans la cadre de l'émission française Thalassa, "cela fait plus de dix ans qu'on fait face à cela, depuis le début de la migration maritime qui a commencé en Libye sous le régime de Kadhafi".

Les pêcheurs de Zarzis sont des héros anonymes, puisqu'ils ont été amenés à sauver des centaines de vies au fil des ans.

"On ne peut pas laisser les gens mourir"

Salih, un autre pêcheur de Zarzis explique que la peur de "percuter des migrants est quotidienne. Mais il y'a Dieu dans ce monde, on a une conscience, on ne peut pas laisser les gens mourir".

Parfois ils sont contraints d'écourter leurs longues virées en mer, pour le secours des migrants: "Quand nous voyons des migrants en mer, nous leur portons secours sans réfléchir. C'est vrai que ça peut nous coûter les 3.000 dinars de sortie en mer, mais nous n'avons pas le choix", dit un des pêcheurs.

"Les 3.000 dinars ne valent pas la vie humaine".

Shams Eddine se souvient d'un sauvetage particulièrement éprouvant: "Ils étaient plus de 120 personnes sur l'embarcation, deux d'entre eux se sont noyés. Ils ont sauté du zodiaque, sont tombés dans l'eau et ne sont plus jamais remontés".

Un autre pêcheur dit: "On les a remonté du zodiaque, il y avait des femmes et des enfants, beaucoup d'enfants. L'un d'eux venait de naître".

Quand il est en mer, Shams Eddine est toujours aux aguets, à l'affut de la moindre embarcation susceptible de contenir des migrants.

L'aide de Médecins Sans Frontières

Au côté des pêcheurs, l'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) tente de porter secours aux migrants. Fort de cette aide, Shams Eddine "se dit heureux. On ne voit plus les morts, ils nous ont beaucoup aidé. Parfois, la fatigue est tellement grande qu'on se dit qu'on ne va pas les sauver, mais Dieu merci, nous ne les laissons pas", avoue le président de l'association des pêcheurs traditionnels.

Désireux de faire face comme il se doit à ce phénomène, certains pêcheurs suivent une formation présidée par le Croissant rouge tunisien. Dans le reportage, les pêcheurs semblent concentrés et sérieux.

"Ça nous apporte beaucoup d'informations, surtout sur les gestes de premier secours. Des choses que je ne connaissais pas, que je n'ai pas eu la chance d'apprendre dans mes formations précédentes. Même lors de notre formation de pêcheurs, on apprend pas tout ça. C'est une occasion pour nos pêcheurs, parce qu'on peut être confronté à tout moment à ce genre de cas", poursuit Shams Eddine.

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