TUNISIE
10/02/2016 12h:38 CET | Actualisé 10/02/2016 13h:35 CET

La Tunisie, deuxième pays du Maghreb qui emprisonne (proportionnellement) le plus

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Avec 23.686 prisonniers (chiffres du mois d'octobre 2014), la Tunisie est le pays du Maghreb avec le moins de prisonniers, derrière la Libye (chiffres d'avril 2014) et ses seulement 6.187 prisonniers, selon le dernier rapport publié par le Centre international d'études pénitentiaires (CIEP), qui chaque année depuis 11 ans présente un état du monde carcéral.

Le Maroc serait le pays du Maghreb où il y a le plus de prisonniers avec 76.000 détenus (chiffres d'avril 2015), juste devant l'Algérie (chiffres de décembre 2013) avec 60.220 détenus.

Cependant, une simple lecture de ces chiffres serait trompeuse. Si l'on se réfère au ratio du nombre de détenus sur la population totale, ces chiffres prennent un tout autre sens.

Avec 23.686 détenus sur une population estimée à 11,15 millions d'habitants, 0,21% de la population tunisienne se trouve en prison, ce qui fait de la Tunisie en terme de ratio le deuxième pays de la région, derrière le Maroc qui obtient un ratio de 0,22%.

Les États-Unis est le pays où il y a le plus de prisonniers avec plus de 2,5 millions de personnes détenues, suivi de la Chine avec 1,65 millions de prisonniers et enfin de la Russie avec 640.000 détenus.

L'encombrement des prisons tunisiennes

Dès 2014, l'ONU avait tiré la sonnette d'alarme sur le surpeuplement des prisons tunisiennes. Mazen Shaqoura, du bureau de Tunis du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme, avait affirmé lors de la présentation d'un rapport sur les prisons tunisiennes que la majorité des 27 prisons accueillent jusqu'à "16 fois" leur capacité.

La direction des prisons et des établissements de rééducation avait alerté en mai 2015 sur "le taux alarmant de 200%" d'encombrement dans certaines prisons tunisiennes. Le porte-parole de la direction avait alors proposé l'adoption de peines alternatives.

Les trois-quarts des mandats de dépôt concernent des affaires de cambriolages, accompagnées ou non d’actes de violences, a- t-il encore noté. Cette situation d’encombrement peut être palliée par l’adoption de peines alternatives prévues par la législation tunisienne.

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