MAROC
10/02/2016 06h:46 CET | Actualisé 26/07/2016 06h:40 CET

Le Maroc, pays du Maghreb à la population carcérale la plus importante

76.000 détenus au Maroc à fin avril 2015
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76.000 détenus au Maroc à fin avril 2015

PRISON - Dans son dernier rapport, le Centre international d'études pénitentiaires (CIEP) classe pour la onzième année consécutive le nombre de prisonniers dans 223 pays. Le Maroc est ainsi le pays au plus grand nombre de prisonniers au Maghreb avec quelque 76.000 détenus (avril 2015), devant l'Algérie avec un peu plus de 60.000 prisonniers (décembre 2013) et la Tunisie qui détient dans ses centres pénitenciers 23.686 citoyens (novembre 2015).

Au niveau mondial, le Maroc se situe dans les 20 premières marches du classement des pays ayant le plus de détenus, avec un ratio de 0,22%, soit 22 détenus sur 10.000 citoyens.

Des prisons surpeuplées

Les chiffres du CIEP confirment ceux avancés par l'Observatoire marocain des prisons (OMP) qui avait révélé en juillet dernier que la population carcérale marocaine était de 74.941 détenus à fin décembre 2014.

L'OMP signalait dans son rapport que ces prisonniers sont répartis dans 77 centres de détention, dont plusieurs sont surpeuplées. C'est le cas par exemple de la prison d'Oukacha à Casablanca qui compte 8.000 détenus pour une capacité de 5.800 places.

Pour cause, le recours des autorités publiques à la détention préventive comme moyen d'endiguement de la criminalité, selon l'OMP. Une théorie confirmée par les chiffres du ministère de l'Intérieur qui affirment que 78.000 personnes sont détenues de manière préventive chaque année. En décembre 2014, ils formaient 42,5% de l'ensemble des prisonniers marocains.

Les peines alternatives pour décongestionner les prisons?

Une proposition de loi qui sera déposée au Parlement vise à instaurer des peines alternatives, en lieu et place des peines privatives de libertés prévues pour des délits punis de moins de deux ans d'emprisonnement. La proposition de loi, élaborée par la Commission de la législation et de la justice à la Chambre des représentants, prévoit des sanctions alternatives incluant le travail d’intérêt général, les amendes quotidiennes, et, dans certains cas, l'injonction de soins ou de thérapies. Pour le travail d'intérêt général, il est effectué au profit de personnes morales ou d'associations d'utilité publique, et ne peut dépasser 600 heures ni être inférieur à un seuil de 40 heures.

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