TUNISIE
10/02/2016 12h:24 CET | Actualisé 11/02/2016 09h:16 CET

Libye: Les ministres du gouvernement de Salut National critiquent le gouvernement tunisien

"Les Tunisiens ont interdit aux Libyens d'atterrir à l'aéroport de Tunis-Carthage et ceci concerne aussi bien les représentants du gouvernement que les malades et autres visiteurs. Je voudrais leur dire que si vous nous ouvrez pas les aéroports tunisiens, nous allons réfléchir sérieusement à la possibilité de fermer nos aéroports et nos postes frontaliers", a lancé le ministre des Affaires Étrangères du gouvernement libyen de salut national, Ali Bouzekouk mardi lors d'une conférence de presse.

"Nous disons à nos frères tunisiens que les terroristes en Tunisie sont tous Tunisiens. Les terroristes en Libye sont tous Tunisiens. Il n'y a rien qui prouve qu'il y ait eu un seul terroriste libyen en Tunisie", a renchéri le ministre des Affaires Étrangères libyen

Sujet de cette conférence du gouvernement de Tripoli? Parler des relations avec les pays frontaliers et l'évolution des relations avec la Tunisie.

"L'article 14 du traité de l'Union du Maghreb Arabe stipule que toute agression contre un État membre est considérée comme une agression à l'égard des autres États membres", a ajouté le ministre libyen, en réponses aux dernières déclarations du président de la République tunisien, Béji Caïd Essebsi qui, tout en affirmant que la Tunisie soutient la démarche (les négociations) de l'ONU, a demandé aux "autorités étrangères" de consulter les décideurs tunisiens en cas de préparation d'une intervention militaire en Libye.

"Avant tout acte de ce genre, s'il vous plaît, consultez-nous, parce qu'il peut vous servir mais nous porter atteinte", avait-il fait valoir, lors d'une cérémonie de voeux au corps diplomatique en poste à Tunis.

"Alors que nous savons tous qu'il y a des conférences, des réunions et des rencontres qui se tiennent à Tunis et dans d'autres villes (tunisiennes) pour déstabiliser la sécurité de la Libye et former un autre gouvernement que celui de Salut National. Nous considérons cela comme un dépassement du traité de l'Union du Maghreb Arabe." a ajouté Ali Bouzekouk citant l'article 15, selon lequel "les États membres s'engagent à ne permettre sur leurs territoires respectifs aucune activité ni organisation portant atteinte à la sécurité, à l'intégrité territoriale ou au système politique de l'un des États membres".

Par ailleurs le volet santé a été évoqué par le ministre de la Santé, Taher Snoussi, présent à la conférence de presse:

"Nous n'accepterons pas que l'on touche à la dignité de nos blessés et malades", a renchérit le ministre de la Santé libyen.

La Tunisie est une destination très prisée des Libyens pour se faire soigner dans les cliniques ou les hôpitaux, pour faire du tourisme. Pour fuir la guerre civile, certains Libyens se sont installés en Tunisie et leur nombre ne fait qu'augmenter depuis 2011. Le chiffre avancé par le consulat de Libye en Tunisie s'élève à 100.000.

"Le tourisme médical rapporte bien plus d'argent à la Tunisie que le tourisme(...) et nous soutenons l'économie tunisienne. Sans ces échanges (tuniso-libyens), il n'y aurait pas eu une telle prospérité en Tunisie(...)Si les traitement des libyens ne changent pas nous allons prendre des mesures, que nous ne souhaitons pas, pour changer les destinations de nos patients", a menacé le ministre de la Santé.

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