10/02/2016 14h:22 CET | Actualisé 22/02/2016 11h:06 CET

Diversifier les exportations: La clé économique pour les pays africains en 2016

INVESTISSEMENTS - A l'heure où l'économie mondiale est frappée par la baisse du baril de pétrole et le ralentissement de croissance que connaissent les pays européens, investir en Afrique est une tendance que de plus en plus de sociétés devraient suivre.

C'est pour aiguiller les entrepreneurs soucieux de bien s'implanter sur le continent africain que Jean-Christophe Batlle, directeur de la zone Afrique chez Coface (Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur), a donné une conférence au siège de Casablanca Finance City, mardi 9 février. Intitulée "Défi de la croissance africaine: cartographie des risques 2016", cette réunion a été l'occasion pour M. Batlle de présenter la carte des risques 2016 de la Coface, devant un parterre d'entreprises labellisées Casablanca Finance City.

2015, une année complexe

Si l'Angleterre, les Etats-Unis ou l'Espagne ont connu une bonne année 2015 sur le plan économique, d'autres pays, certains pays européens ne présentent pas un bilan particulièrement positif. Même son de cloche chez pays émergents qui présentent pour la plupart un taux de croissance en baisse: "pendant la période 2009-2010, le taux de croissance de ces pays était de 7% alors qu'on devrait être aujourd'hui aux alentours de 3,5 ou 3,7% et cette baisse devrait se poursuivre en 2016, explique M. Batlle.

"Nous avons donc une croissance divisée par deux avec plusieurs points complexes: le ralentissement en Chine et les problèmes structurels et politiques que connaissent les deux grosses économies que sont la Russie et le Brésil".

La crise du pétrole se répercute sur l'Afrique

Certains pays africains sont touchés de plein fouet par la chute du prix du baril de pétrole, qui est passé de 110 dollars aux alentours de 25 dollars ces dix-huit derniers mois. Certaines économies ont ainsi eu un déséquilibre entre les rentrées d'argent et les dépenses publiques, et l'Afrique centrale a été particulièrement affectée par cette tendance.

La politique monétaire américaine a également eu un effet négatif: "les ré-allocations de devises entre les pays émergents et les Etats-Unis se font en faveur des Américains", estime M. Batlle. "Les taux de change décrochent fortement par rapport au dollar, des monnaies comme celles de la Zambie ou de l'Angola ont perdu près de 30% de leur valeur".

Les pays qui réussiront donc à tirer leur épingle du jeu seront ceux dont les économies et les exportations sont plus diversifiées, ce qui leur permettra de traverser plus sereinement cette baisse des prix du pétrole.

Le Maroc a de bons fondamentaux pour évoluer

"Les plans d'émergence et les plans à moyen terme établis par le Maroc sont très bons", indique M. Batlle. Pour passer à la vitesse supérieure, "il faut maintenant libérer de la capacité et de l'énergie pour les mettre en œuvre plus rapidement" selon le directeur de la Coface qui appelle à une croissance "plus inclusive" sur toutes les tranches de la population. Favoriser l'auto-entrepreneuriat serait par exemple une façon efficace de créer de l'emploi d'après M. Batlle.

Deuxième investisseur africain issu du continent, le Maroc a réorienté ses efforts vers le sud. Pour continuer dans cette voie, le Maroc doit maintenant "investir dans une capacité exportatrice en biens de consommation courante" selon M. Batlle, afin de pouvoir capter la classe moyenne qui est en train d'émerger dans les pays subsahariens.

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