MAROC
09/02/2016 13h:53 CET | Actualisé 09/02/2016 13h:54 CET

Libéré, Abderrahman accueilli en héros après avoir dénoncé le mauvais état des routes (VIDÉO)

SYMBOLE - Il est devenu malgré lui un symbole de la lutte contre la dilapidation de l’argent public. Abderrahman El Makraoui, qui avait dénoncé dans une vidéo l'état médiocre de la construction d’une route dans sa région, a été accueilli en héros, lundi 8 février, suite à sa libération provisoire.

"Abderrahman rtah rtah, sanouwasilo lkifaa" ("Repose-toi Abderrahdam, nous allons poursuivre le combat"), ont scandé les dizaines de personnes qui l’ont accueilli à sa sortie de la prison de Safi. Il a été libéré lundi 8 février, suite au mouvement de solidarité qu’a provoqué son arrestation. Il sera poursuivi en état de liberté.

Cet habitant de la commune de Jemaât Sehim, dans la province de Safi, était apparu dans une vidéo où il arrachait aisément, à mains nues, des morceaux d'asphalte d'une route récemment réalisée.

Dénonçant l'état médiocre de la construction, il a appelé les promoteurs du projet et le président de la commune à prendre leurs responsabilités. La vidéo a suscité de vives réactions et l'indignation des internautes. Elle lui a aussi valu une plainte, déposée par le président de la commune de Jemaât Sehim.

Dès l'annonce de son arrestation, des marques de solidarité se sont multipliées, au Maroc comme à l'étranger. Les hashtags #‏كلنا_عبد_الرحمان (Nous sommes tous Abderrahman) et (‫#‏شدونا_كاملين(Arrêtez-nous tous) totalisent plusieurs dizaines de posts, dont certains de citoyens réitérant son acte, et dénonçant eux aussi l'état médiocre de certaines infrastructures routières.

Des personnalités politiques, essentiellement issues du Parti justice et développement (PJD), avaient également exprimé leur solidarité avec ce "lanceur d’alerte".

Lors d'une rencontre avec les jeunes de son parti, dimanche 7 février, le chef du gouvernement et secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane, avait déclaré qu’il est "inadmissible d'arrêter ce jeune", ajoutant avoir chargé l'un de ses conseillers du suivi de cette affaire.

Le ministre de la Justice et des libertés, Mustapha Ramid, avait de son côté donné ses instructions au parquet général pour la libération d'Abderrahman El Makraoui, en raison de l'absence d'intention criminelle pouvant fonder les accusations portées contre lui.

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