MAROC
08/02/2016 10h:15 CET | Actualisé 08/02/2016 10h:20 CET

Environnement: Quand le Maroc s'attaque aux pesticides

Epandage de pesticides dans un champ de pommes de terre, à Godewaersvelde, dans le Nord de la France.
Philippe Huguen. AFP
Epandage de pesticides dans un champ de pommes de terre, à Godewaersvelde, dans le Nord de la France.

ENVIRONNEMENT – La question du recours aux produits chimiques a réuni, jeudi 4 février dernier à Rabat, l’Office national de sécurité sanitaire et alimentation (ONSSA) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

La problématique a été soulevée dans le cadre de la deuxième réunion du comité de pilotage du projet "Elimination des pesticides obsolètes et mise en œuvre du programme de gestion intégrée des ravageurs et des pesticides au Maroc", amorcé en mars 2015.

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Une rencontre dont l’objectif était de passer au peigne fin les réalisations du projet durant l’année 2015 et son état d’avancement, et de planifier les activités à venir en matière de plan d’action, de budget ainsi que des résultats à atteindre à l’horizon 2018.

L’occasion, surtout, de prendre le contre-pied d’une politique plutôt indulgente à l’égard des pesticides, en référence à l’homologation par l’ONSSA de trois pesticides et herbicides dits cancérogènes "probables" (glyphosate, diazinon et malathion), selon un classement dressé le 20 mars 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), agence affiliée à l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Soit le dernier palier avant la classification cancérogènes "certains".

Des produits encore largement répandus

Commercialisé par la sulfureuse Monsanto – entreprise américaine spécialisée dans les biotechnologies agricoles, fréquemment épinglée pour son utilisation massive d’OGM (Organisme génétiquement modifié) –, le glyphosate se décline à travers 26 spécialités commerciales homologuées au Maroc, indique l’index phytosanitaire de l’ONSSA.

Environ 300 tonnes de ce désherbant sont importées chaque année (ce qui équivaut au traitement d’une surface de 50.000 hectares), écrit l’Economiste.

Bien que les preuves soient limitées, l’insecticide malathion est impliqué dans le lymphome de Hodgkin (cancer des ganglions). Le diazinon favorise en revanche fortement l’apparition de cancer des poumons et du lymphome de Hodgkin. Malgré des restrictions imposées sur leur usage en Europe et aux Etats-Unis, l’utilisation de ces deux pesticides au Maroc s’effectue aussi bien localement (vendu en droguerie pour les particuliers, par exemple) qu’à plus vaste échelle (agriculture, parcs publics, services sanitaires).

En 2008, le marché mondial des pesticides culminait à 40 milliards de dollars environ. La part de l’Afrique est estimée à 4% (soit 1,5 milliard de dollars) du marché mondial. 30% des pesticides vendus dans les pays en développement ne se conforment pas aux normes mondiales, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’émission d’investigation française "Cash Investigation", diffusée sur France 2, a récemment consacré (avec succès) son dernier numéro aux dangers des pesticides.

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