TUNISIE
06/02/2016 06h:02 CET | Actualisé 06/02/2016 06h:22 CET

Somalie: Quand les islamistes shebab appliquent la charia dans la ville stratégique de Merka

De achtjarige Halima Osman (tweede van links) en haar familie in het Dagahaley-vluchtelingenkamp, bij de Keniaans-Somalische grens. Het kamp maakt deel uit van de Dadaab-vluchtelingenkampen, die aan de rand van de stad Daadaab in het Keniaanse district Garissa liggen.<a href="http://www.giro555.nl/geef-nu/" rel="nofollow">www.giro555.nl/geef-nu/</a>© UNICEF
Giro555/Flickr
De achtjarige Halima Osman (tweede van links) en haar familie in het Dagahaley-vluchtelingenkamp, bij de Keniaans-Somalische grens. Het kamp maakt deel uit van de Dadaab-vluchtelingenkampen, die aan de rand van de stad Daadaab in het Keniaanse district Garissa liggen.<a href="http://www.giro555.nl/geef-nu/" rel="nofollow">www.giro555.nl/geef-nu/</a>© UNICEF

Les islamistes radicaux somaliens shebab ont commencé dès samedi à appliquer la charia (loi islamique) dans la ville stratégique de Merka, reprise la veille aux troupes de la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom), selon des habitants.

Les shebab, affiliés à Al-Qaïda, ont repris vendredi le contrôle de ce port d'une haute importance tactique, situé à environ 100 km au sud de Mogadiscio, après le départ inexpliqué des troupes de l'Amisom.

Merka, capitale de la région de Basse-Shabelle, avait été un de leurs principaux fiefs entre 2008 et 2012.

"L'ennemi fuit les régions islamiques. L'administration islamique a officiellement commencé à fonctionner à Merka et la guerre des clans est terminée. Il n'y en pas un supérieur aux autres, les gens sont égaux devant la loi divine", a déclaré vendredi un dirigeant shebab, Cheikh Mohamed Abou-Abdallah, selon des propos rapportés samedi sur un site internet shebab.

Un habitant, Mohamed Mowlid, a confirmé que les "combattants shebab patrouillent les rues et demandent aux gens d'éviter de faire quoi que ce soit qui serait contraire à la charia".

"La ville est calme et aujourd'hui c'est le retour à la vie normale, les magasins réouvrent", a expliqué un autre habitant, Ibrahim Ahmed. "Les gens qui travaillaient avec l'administration locale se cachent, car ils craignent pour leur vie", a-t-il ajouté.

Vendredi soir, l'Amisom avait assuré sur son compte Twitter, avoir "toujours le contrôle de Merka" et ne s'être livrée qu'à un "réajustement de (ses) positions pour des raisons tactiques". Des affirmations en contradiction avec tous les témoignages recueillis par l'AFP auprès d'habitants ou de l'administration locale.

Selon différentes sources, les commandants shebab auraient rencontré plusieurs chefs traditionnels et responsables de milices claniques pour leur demander d'éviter tout conflit.

La reconquête de Merka - normalement sous contrôle du contingent ougandais de l'Amisom - constitue une prise d'envergure pour les shebab. Elle leur donne de nouveau un accès à la mer, ce qui leur permettait lorsqu'ils contrôlaient le sud somalien de se livrer à de lucratifs trafics, notamment de charbon.

Merka était sous contrôle des forces gouvernementales et de l'Amisom depuis août 2012, quand ils en avaient délogé les shebab au terme de combats accrochés.

Confrontés à la puissance de feu supérieure de l'Amisom, les shebab ont été chassés de Mogadiscio en août 2011 et ont ensuite perdu l'essentiel de leurs bastions, refusant le plus souvent le combat conventionnel au profit d'opérations de guérilla et d'attentats suicides.

Mais ils contrôlent toujours de nombreuses zones rurales et restent une menace pour la sécurité en Somalie et dans les pays voisins, notamment au Kenya où ils ont mené de nombreuses attaques - certaines spectaculaires - faisant au total plus de 400 morts depuis 2013.

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