MAROC
04/02/2016 12h:58 CET | Actualisé 23/10/2016 12h:13 CET

"Cinéma dial bekri": A Rabat, un cycle cinématographique pour (re)découvrir les vieux films marocains

Et si l'on (re)découvrait les débuts du cinéma marocain?
CCM
Et si l'on (re)découvrait les débuts du cinéma marocain?

NOSTALGIE - Et si l'on (re)découvrait les débuts du cinéma marocain? Alors que les écrits se multiplient sur les premiers longs métrages réalisés par des cinéastes marocains, peu d'événements ou de lieux offrent l'occasion de les visionner. On a souvent entendu parler du "Fils maudit" de Mohamed Ousfour, de "Wechma" de Hamid Bennani ou encore du "Violon" d'Ahmed Belhachmi, considérés comme les premiers jets de la création cinématographique marocaine, mais peu ont eu la chance de les visionner.

Retourner aux sources du cinéma national est désormais possible à Rabat avec le cycle "Cinéma dial bekri" ("Cinéma d'antan"), lancé par l'Association des rencontres méditerranéennes du cinéma et des droits de l'Homme (ARMCDH), en partenariat avec le Centre cinématographique marocain (CCM) et qui devrait s'étendre sur l'ensemble de l'année 2016 (au moins).

Tous les premiers jeudis du mois, l'association permettra aux amateurs de cinéma dans la capitale de visionner un long métrage datant de plusieurs décennies, ayant marqué les débuts des Marocains dans le septième art.

"Nous avons décidé de nous concentrer sur la période des années 1970 et 1980 pour ce premier cycle", nous explique Fadoua Maroub, membre de l'ARMCDH. En tout, pas moins de huit longs métrages devraient être projetés cette année au cinéma 7ème art à Rabat afin de "permettre au jeune public et aux cinéphiles de connaître le patrimoine cinématographique national et de pouvoir en débattre".

Inédit : Cinéma Dial Bekri

Posted by Armcdh on Tuesday, February 2, 2016

Pour inaugurer ce cycle, l'association a porté son choix sur "Le coiffeur du quartier des pauvres", réalisé en 1982 par Mohamed Reggab, qui sera en projection le 11 février prochain. L'unique long métrage de ce cinéaste marocain raconte "l'histoire quotidienne des habitants d'un quartier populaire à Casablanca" tout en se concentrant sur la vie d'un coiffeur du coin, qui a toujours "accepté son destin".

La singularité de ce film? C'est qu'il a été mis en scène, réalisé et même monté (image et son) par le réalisateur lui-même, comme le souligne le portail du musée du Louvre, où il a été projeté fin 2014, lors de la carte blanche donnée au cinéaste franco-marocain Nabil Ayouch. Le réalisateur de "Much Loved" organise d'ailleurs chaque année le "Prix Mohamed Reggab", via sa société de production Ali N'Productions, un prix qui souhaite récompenser les talents qui ont "des choses à exprimer par le biais de l'image".

S'il n'a laissé derrière lui qu'un unique long métrage, sa carrière a pourtant marqué le cinéma et la télévision marocaines. Mohamed Reggab, décédé en 1990, a réalisé plusieurs courts-métrages lors des débuts de la télévision au royaume et a participé à la mise en place de plusieurs programmes emblématiques de la radio et télévision marocaine (RTM). Parmi eux, l'émission Régie 3 ou encore Al caméra tahararrak.

Pour les prochains mois, la membre de l'association qui utiliser le cinéma comme prisme pour débattre des droits de l'Homme dans la région a déjà ses idées. "Nous avons établi une liste de films que nous souhaitons projeter lors de ce cycle. Parmi eux, 'La guerre du pétrole n'aura pas lieu' de Souheil Ben-Barka ou encore 'Wechma' de Hamid Bennani", nous confie Fadoua Maroub, dont l'organisme attend toutefois la confirmation du CCM, partenaire stratégique de l'association pour cet événement.

Galerie photo La nuit blanche du cinéma Voyez les images

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