MAROC
03/02/2016 09h:01 CET | Actualisé 03/02/2016 12h:54 CET

Oui, le train marocain apparu dans le dernier James Bond existe, et vous pouvez monter à bord

Oui, le train marocain apparu dans James Bond Spectre existe. Et vous pouvez y voyager.
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Oui, le train marocain apparu dans James Bond Spectre existe. Et vous pouvez y voyager.

RAILS - Un train qui dépose James Bond et Madeleine Swann aux portes du désert, doté d'un wagon-restaurant où les deux protagonistes prennent un verre avant de balancer Mr Hinx par dessus bord. A tous ceux qui se demandent si le train qui apparaît dans "Spectre" existe vraiment au Maroc, la réponse est oui, il existe. Vraiment. Et il porte le nom - quelque peu orientaliste - d"Oriental Desert Express". Et relie Oujda à Bouarfa, une localité du sud-est du royaume. Un trajet de 305 kilomètres, parcouru en 8 heures.

Histoire d'une ligne ferroviaire

Construite par les autorités du Protectorat entre 1925 et 1931 pour transporter troupes et ressources minérales, la ligne Oujda-Bouarfa a été mise en fonction en 1932. "La France avait un projet: Mer-Niger. Ce nom est toujours porté par un quartier à Bechar, en Algérie. Ce dernier devait relier la côte méditerranéenne de l’Oriental aux pays subsahariens (Mali, Tchad)", écrivait L'Economiste en 2008. Le déclenchement de la seconde guerre mondiale mettra ce projet en second plan, puis l'Indépendance achèvera de tuer dans l’œuf l'ambition de voir, un jour, une ligne ferroviaire transnationale.

Au début des années 2000, un Suisse installé au Maroc depuis plus de vingt ans fait la découverte de cette ligne 70 ans plus tard, au début des années 2000, Edi Kunz, un Suisse installé au Maroc depuis plus de vingt ans fait la découverte de cette ligne, utilisée ponctuellement pour le fret de zinc, plomb et cuivre. Cet amateur de rails à l'oeil aiguisé en découvre vite le potentiel touristique.

Il entame alors les négociations avec l'Office national des chemins de fer (ONCF) pour la mise en place d'un train touristique. Un projet fou, auquel peu croiront: "l’ambassade suisse s’était montrée peu enthousiaste à la viabilité du projet", déclarait-il à l'Economiste. Trois ans de négociations plus tard, l'Oriental Desert Express voit le jour et fait son premier voyage. Entre temps, Edi Kunz a investi 5 millions d'euros et ouvert une agence de voyages pour organiser des circuits touristiques sur la ligne Oujda-Bouarfa.

L'un des points d'achoppement concernait un "wagon des princes". "Il a été dit, au début, qu'il appartenait au patrimoine culturel du pays et ne pouvait pas être utilisé à des fins touristiques. Aujourd'hui, la voiture roule sous le nom de "salon wagon" et offre aux voyageurs qui veulent faire quelque chose de spécial une opportunité", mentionne-t-on du coté de l'agence d'Edi Kunz.

Un circuit destiné aux amateurs de trains

Le train organise désormais des circuits touristiques ponctuels. Roulant paisiblement à 50km/h, sa locomotive diesel DH-370 tout en ronrons fait des escales dans des petites localités comme Beni Oukil, Aïn Benimathar et Tendrara.

En raison de l'ensablement, les arrêts se succèdent mais ne se ressemblent pas: des opérateurs descendent du train, pelles en diagonale, pour désensabler les rails et ainsi permettre au train de parvenir à sa trajectoire.

Même désertique, l'espace est d'une générosité chromatique qui fait le bonheur des photographes. Un guide touristique, présent dans le train, narre l'histoire des lieux, tisse anecdotes et faits historiques, décrit les écosystèmes: tour à tour terres arides, espaces relativement fertiles, sable conquérant, végétation qui résiste. Les touristes disposent d'une locomotive spécialement aménagée pour prendre des photos: paysages changeants, ciel bleu toujours en nuances, enfilades de nuages cotonneux, solides ou démembrés. Même désertique, l'espace est d'une générosité chromatique qui fait le bonheur des photographes.

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