TUNISIE
03/02/2016 08h:37 CET

Tunisie: Reporters Sans Frontières adresse ses recommandations pour libérer l'information sur Internet

Un Tunisien navigue sur le web dans un Publinet. Crédit : AP Photo/Hassene Dridi
ASSOCIATED PRESS
Un Tunisien navigue sur le web dans un Publinet. Crédit : AP Photo/Hassene Dridi

INTERNET - La liberté d'informer sur Internet est-elle vraiment protégée en Tunisie? L'association Reporters sans frontières (RSF) a présenté, mardi à Noomène Fehri, ministre des Technologies de l'Information et des Communications, ses recommandations pour "améliorer la protection des cyber-journalistes".

5 ans après la révolution, ces enjeux restent d'actualité pour Yasmine Kacha, responsable du bureau Afrique du Nord de RSF, qui a déclaré après cette rencontre que "l'émergence récente de nombreux médias tunisiens en ligne rend leur protection essentielle et nous appelons le gouvernement tunisien à faire de cette question une de ses priorités".

RSF vient de réactualiser son étude "Enjeux et défis autour du droit d’informer sur internet en Tunisie", dans laquelle elle appelle à plusieurs réformes concrètes.

Lois liberticides

L'ONG propose notamment de supprimer l'article 86 du Code des télécommunications, qui prévoit la possibilité de peines de prison de 1 à 2 ans pour les journalistes s'exprimant sur Internet (la loi vise notamment "quiconque perturbe la quiétude des tiers à travers les réseaux publics des télécommunications") et d'introduire le principe du droit à l'information dans le prochain code du numérique, annoncé par le ministre en novembre dernier.

RSF pointe également du doigt le décret n°2014-4773, qui prévoit que les fournisseurs d'accès Internet doivent "obéir aux instructions des autorités judiciaires, militaires et de la sécurité nationale" pour "pouvoir répondre aux besoins de la défense nationale et de la sécurité et de la sûreté publique". L'organisation recommande de laisser au seul pouvoir judiciaire l'autorité sur les fournisseurs d'accès.

Pour Moez Chakchouk, ancien président-directeur général de l'Agence Tunisienne d'Internet de 2011 à mars 2015, "il est regrettable que nous disposions d’autant de lois liberticides concernant l’internet, notamment lorsqu’il s’agit de sécurité informatique", cite le rapport de RSF.

Dans son classement 2015, l'ONG Freedom House classe la Tunisie à la 38e place mondiale, avec une liberté sur le net "partielle".

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