MAROC
03/02/2016 09h:06 CET

Qui est Mounir Mahjoubi, le Franco-marocain élu par l'Elysée à la tête du Conseil national du numérique?

Mounir Mahjoubi, un geek d'origine marocaine à la tête du Conseil du numérique français
swannyyy/Flickr
Mounir Mahjoubi, un geek d'origine marocaine à la tête du Conseil du numérique français

SUCCESS-STORY - ”Jeune, entrepreneur et geek: un cocktail de choix!” C’est en ces termes que Benoît Thieulin, prédécesseur de Mounir Mahjoubi à la tête du Conseil national du numérique (CNNum) en France décrit le nouveau président de cette institution dans une déclaration à L’Obs.

Mais qui est donc ce Français d’origine marocaine qui vient d’être nommé à la tête du conseil qui a pour mission "de formuler des avis sur toute question relative à l’impact du numérique sur la société et l’économie"? Mounir Mahjoubi a tout juste 16 ans lorsqu’il décroche son premier job relatif au numérique. Il travaille le week-end au centre d’appel Club Internet alors qu’il poursuit ses études au lycée.

Du centre d’appel au pilotage de campagnes présidentielles

”Mounir aime le verbe, la parole, il remporte le concours de plaidoirie de la Sorbonne en 2004, puis le concours d’éloquence de Sciences Po en 2007”

Mounir Mahjoubi est un fils d’ouvriers marocains installés au 12ème arrondissement à Paris, comme le précise FH2012, le blog de la campagne électorale du président français, dont il a chapeauté le volet numérique. Car au delà de ses compétences dans le domaine des nouvelles technologies, Mahjoubi est avant tout un as de la communication. ”Mounir aime le verbe, la parole, il remporte le concours de plaidoirie de la Sorbonne en 2004, puis le concours d’éloquence de Sciences Po en 2007”, lit-on sur le blog qui a suivi les coulisses de la campagne numérique de l’actuel président français en 2012.

Ce n’était d’ailleurs pas la première fois que le trentenaire marocain donnait un coup de main à un potentiel chef d’Etat lors de sa campagne. Avec Thomas Hollande (fils de François Hollande et Ségolène Royal), il avait créé le portail segosphere.net, un site pour soutenir Ségolène Royal lors des élections qu’elle a perdues face à Nicolas Sarkozy en 2007. Il a également piloté la campagne numérique des primaires en 2010, aux côtés de Hollande.

Mais comment ce socialiste, féru des nouvelles technologies en est arrivé là? D’abord grâce à un parcours qui l’a très vite destiné à se lancer dans l’entrepreneuriat. Une fois son diplôme de l’Institut d’études politiques de Paris obtenu, il fonde FairSense, une boutique en ligne d’autocollants décoratifs, projet qu’il décrit sur son profil LinkedIn comme sa ”première start-up qui a échoué”. Cela ne décourage par pour autant celui qui deviendra par la suite un serial-entrepreneur. En novembre 2009, se remettant à peine de son premier échec, il lance Mounir & Simon, une agence spécialisée dans la communication et l’innovation.

mounir mahjoubi

Mounir Mahjoubi goûte là son premier succès qui lui permettra de travailler sur différents projets à la fois, aidé par une petite équipe composée de trois recrues. Dans la foulée, il co-fonde La ruche qui dit oui. A ce nom farfelu répond un site de e-commerce qui permet aux fermiers de vendre en ligne leurs produits, allant des fruits au poisson, en passant par le vin et les jus. Le projet plait à la presse spécialisée qui l’acclame dans ses colonnes. En 2012, La ruche qui dit oui figure dans le classement ”Europe’s 100 hottest startups in 2012”, publié par Wired.

Mais l’entrepreneur hyperactif ne s’arrête pas là. Alors qu’il travaille parallèlement sur Mounir & Simon et sa boutique de produits du terroir, il lance en 2011 Le Bridge, une plate-forme qui veut ”connecter la scène entrepreneuriale européenne en attirant les investisseurs et entrepreneurs au delà des frontières”. Ce projet visant à rassembler l’écosystème entrepreneurial porte ses fruits et contribue à tisser des liens, notamment entre les jeunes créateurs d’entreprises français et londoniens.

En juillet 2012, Mahjoubi se détache de ses trois projets emblématiques et rejoint en tant que directeur adjoint BETC Digital, une agence marketing, filiale du groupe Havas, qui se présente comme une usine à idées ”pour connecter les marques avec le monde qui les entoure” à travers une approche axée sur la culture pop.

Un titre et des responsabilités

”J’ai soutenu François Hollande, mais toujours en position d’expert."

La nomination de Mounir Mahjoubi à la tête du CNNum vient alors couronner la carrière chargée de ce jeune geek qui a mêlé créativité et militantisme politique. Alors qu’il a rejoint le Parti socialiste à tout juste 18 ans, il prend néanmoins ses distances par rapport à son engagement auprès du président français dans une déclaration à L'Obs: ”J’ai soutenu François Hollande, mais toujours en position d’expert. Ma spécialité à moi, c’est le numérique. Et l’encouragement des gens grâce au numérique.”

La prochaine étape serait donc d’insuffler un vent nouveau à l’économique numérique française qu’il estime pas assez développée. ”La France est une des premières puissances économiques d’Europe mais parmi les plus en retard sur l’e-commerce et l’e-export”, épingle-t-il dans la rubrique Rue89 du site d'information français. Le CCNum devrait actuellement recruter les trente nouveaux membres du conseil ainsi que quatre vice-présidents. Si aucun d’eux, dont Mounir Mahjoubi, n’est rémunéré pour son mandat, ils ont néanmoins le challenge de dresser les grandes lignes de la politique numérique de l’Hexagone pour les trois prochaines années à venir.

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