MAROC
03/02/2016 09h:03 CET | Actualisé 03/02/2016 09h:26 CET

Hooliganisme: Le ministère de l'Intérieur hausse le ton

Hooliganisme: Le ministère de l'Intérieur hausse le ton
Abdou Rizkou
Hooliganisme: Le ministère de l'Intérieur hausse le ton

SPORT - Alors que les matchs de football se soldent régulièrement par des actes de hooliganisme au Maroc, la violence des supporters a été le sujet de deux réunions importantes tenues le 2 et le 3 février au siège du ministère de l'Intérieur à Rabat.

Le ministre de l'Intérieur Mohamed Hassad, son ministre délégué Charki Draiss, le président de la fédération royale marocaine de football Fouzi Lekjaa, le ministre de la Jeunesse et des sports Lahcen Sekkouri, ainsi que des représentants de la gendarmerie royale, de la sûreté nationale, des forces auxiliaires et de la protection civile se sont mis d'accord sur des mesures à mettre en place pour combattre ce fléau qui gangrène le football national.

Il a été décidé à l'issue des réunions d'accélérer la mise en place d'une loi organique visant à créer des "commissions locales de lutte contre la violence dans les enceintes sportives" citées dans l'article 308-19 de la loi 09 09.

Le texte stipule que "l’autorité gouvernementale chargée du sport, les fédérations, les clubs sportifs, la commission locale de lutte contre la violence dans les enceintes sportives, créée par un texte particulier, les autorités et la force publique et les officiers de la police judiciaire sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution des décisions judiciaires prononçant l’interdiction d’assister aux compétitions et aux manifestations sportives".

Ces commissions devront être "présentes durant les préparatifs des manifestations sportives ainsi que pendant le déroulement des matchs"

Ces commissions devront être "présentes durant les préparatifs des manifestations sportives ainsi que pendant le déroulement des matchs", peut-on lire dans un communiqué du ministère de l'Intérieur.

Il est également question d'appliquer les dispositions de la loi 09 09 avec intransigeance vis-à-vis des personnes impliquées dans des actes de violences sportives. Il est ainsi prévu de leur interdire l'accès aux stades avec obligation de pointage au commissariat les jours de match. Les mineurs non-accompagnés ne pourront pas accéder aux stades non plus. Leurs tuteurs légaux seront tenus pour responsables de leurs agissements. Concernant les clubs dont les supporters sont responsables d'actes de hooliganisme, ils seront systématiquement soumis à des sanctions en cas de débordements.

Galerie photo Le 119e derby de Casablanca se solde par de violents actes de hooliganisme Voyez les images

Nouveauté: les stades accueillant des matchs de la Botola pro seront équipés, avant fin 2016, de caméras de surveillance, de portails électroniques et de systèmes de vente de tickets électroniques afin de faciliter les "protocoles sécuritaires". La Société nationale de réalisation et de gestion des stades (SONARGES) qui a été créée en 2010 pour gérer les grands stades et aménager le foncier les avoisinant devra assurer l'organisation logistique de tous les matchs de la Botola pro. Les associations de supporters devront aussi être intégrés aux préparatifs des matchs. Elles seront contraintes de détailler les "activités festives" qu'elles comptent organiser dans les stades.

En décembre dernier, le 119e derby opposant le Wydad de Casablanca au Raja s'était terminé par d'importants actes de violence de la part des supporters. Plus de 15 policiers avaient été blessés. Dans une vidéo postée sur Youtube, on pouvait voir un agent de l'ordre mis à terre et lynché par une bande de hooligans excités. Les scènes de violences s'étaient poursuivies dans les rues de Casablanca. Les zones limitrophes du stade Mohammed V avait été particulièrement touchées par les actes de vandalisme.

Que dit la loi?

L'article 308 du code pénal prévoit des sanctions à l'encontre des individus qui commettent des actes de violence lors de manifestations sportives. Par exemple, pour la participation à des violences ayant entraîné la mort d'une personne, la condamnation peut aller de 1 à 5 ans d'emprisonnement et de 1.200 à 20.000 dirhams d'amende. Pour des violences ayant entraîné des blessures, la peine d'emprisonnement peut aller de 3 mois à 2 ans d'emprisonnement et de 1200 à 10.000 dirhams d'amende.

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