MAROC
03/02/2016 05h:33 CET

La Dream Team de la COP 22

La dream team de la COP 22
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La dream team de la COP 22

ENVIRONNEMENT - En plaçant des acteurs majoritairement apolitiques au coeur de l'organisation de la conférence internationale sur le climat, le Maroc règle le dilemme COP 22/élections législatives. En tout, sept personnalités, dont la nomination a été approuvée par le roi, chapeauteront l'organisation de la conférence internationale sur le climat prévue entre le 7 et le 18 novembre 2016 à Marrakech. Portraits croisés de ces wonder seven.

Abdeladim Lhafi, commissaire de la COP 22

Le Haut commissaire aux eaux et forets est-il discret, ou est-ce plutôt les médias qui le sollicitent peu? Toujours est-il que seules quelques rares interviews de Lhafi existent. Né à Ahfir en 1949, il est "issu d'une famille modeste et doit son ascension à son seul mérite", écrivait l'hebdomadaire La Vie Eco en 2010. Après avoir passé un baccalauréat en sciences expérimentales à Oujda, en 1968, il s'envole pour la France. Puis le cursus classique du futur haut cadre: classes préparatoires aux grandes écoles au lycée Thiers à Marseille en 1968, diplôme de vétérinaire de l'Ecole nationale vétérinaire de Toulouse obtenu en 1973, puis doctorat vétérinaire de l'Université Paul Sabatier en poche un an plus tard. De retour au Maroc la même année, il prendra la direction des Haras régionaux de l’Oriental. De là, il grimpera tous les échelons du ministère de l'Agriculture, jusqu'à devenir secrétaire général du ministère puis, en 1998, secrétaire d'Etat chargé de la Mise en valeur agricole. Un an plus tard, il est appelé à d'autres missions: nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Maroc à Berlin, il considère n'être "pas vraiment sorti du monde agricole puisqu’il fallait diversifier les rapports avec les autres membres de l’Union européenne et les dossiers agricoles étaient souvent sur le tapis dans le cadre la diplomatie économique", a-t-il déclaré à La Vie Eco. En 2003, le Roi Mohammed VI le nomme Haut-commissaire des aux eaux et forets et à la lutte contre la désertification. Une carrière chargée, si chargée que Lhafi "a choisi le service public un peu sans le vouloir puisqu’il devait faire son service civil. Mais à aucun moment il n’a été tenté d’aller vers le secteur privé car, d’une mission à l’autre, il n’a même pas eu le temps d’y penser".

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Salaheddine Mezouar, président du comité de pilotage

De l'équipe nationale de basket-ball -dont il était le capitaine- au secteur textile pour, enfin, finir à la tête des Affaires étrangères. Le parcours de Salaheddine Mezouar est fait de bifurcations. Né en 1953 à Meknès, il est titulaire d'un DEA en sciences économiques de l'Université des sciences sociales de Grenoble. En 1991, il devient directeur général adjoint et directeur commercial du espagnol Tavex, spécialisé dans la confection de jeans. En 1993, il est nommé directeur général et directeur commercial de l'Afrique et du Moyen-Orient du groupe. En 2002, il est tout naturellement élu président de l'Association marocaine des industries du textile et de l'Habillement (AMITH). 2004 sera l'année du début de sa carrière ministérielle: le voici nommé ministre de l'Industrie, du commerce et de la mise à niveau de l'économie dans le gouvernement Jettou II, le 8 juin 2004, puis en 2007, ministre de l'Économie et des finances dans le gouvernement Abbas El Fassi et, en 2013, lors de la mise en place du gouvernement Benkirane II, ministre des Affaires étrangères. Trois ans plus tôt, en 2010, il a été élu secrétaire général du Rassemblement national des indépendants (RNI).

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Nizar Baraka, président du comité scientifique

Ne en 1964 à Rabat, il obtient son baccalauréat en 1981, puis une licence en économie à l'université Mohammed V-Agdal en 1985. Un an plus tard, il décroche un DEA en économie à l'université 'Aix Marseille III puis, en 1992, un doctorat en sciences économiques de la même université. Après avoir enseigné à la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de l'université Mohammed V-Agdal et à l’Institut national de statistique et d'économie appliquée, il intègre le ministère des Finances en 1996. Il y occupera le poste de chef de service de l’actualité économique à la direction des études et des prévisions financières, puis celui de chef de la division de la politique économique avant d’être nommé directeur adjoint de la direction des études et des prévisions financières en 2006. En janvier 2012, il est nommé ministre de l'Économie et des finances après avoir occupé, entre 2007 et 2011, le poste de ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des Affaires économiques et générales. En 2013, le roi le nomme président du Conseil économique, social et environnemental.

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Hakima El Haité, envoyée spéciale du Maroc

Née en 1965 à Fès, elle a obtenu une licence en biologie et microbiologie des eaux à la Faculté des sciences de Fès en 1986, un DEA en écotoxicologie à la faculté des sciences de Meknès en 1987, un doctorat national en sciences de l’environnement à la même faculté, en 1991, ainsi qu'un doctorat en génie de l’environnement. Après une courte expérience à la direction générale de l’agence urbaine de Fès, elle fonde, en 1994, la société EauGlobe, une entreprise privée exerçant dans l’ingénierie et les travaux environnementaux. Le Mouvement populaire (MP), elle l'intègre en 2003 et devient, en 2012, présidente des relations internationales du parti. En parallèle, elle mène une vie associative assez conséquente, et fait partie de plusieurs associations visant à promouvoir la participation féminine, en politique notamment. Après avoir suivi, de bout en bout, les négociations de la COP 21, quoi de plus normal que le fait qu'elle soit nommée envoyée spéciale du Maroc pour la COP 22.

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Aziz Mekouar, ambassadeur-négociateur

Ambassadeur du Maroc aux Etats-Unis de juin 2002 à septembre 2011, Aziz Mekouar est né à Fès en 1950. Baccalauréat en poche - du lycée français Charles Lepierre, à Lisbonne s'il vous plait- il effectue ses études supérieures à HEC Paris, et en sort diplômé en 1974. A partir de là, il ne refermera plus ses valises: tour à tour ambassadeur du Maroc en Angola, de 1986 à 1993, au Portugal, de 1993 à 1999, à Malte, entre 1999 et 2002 et, enfin, consécration, aux Etats-Unis, de 2002 à 2011. En parallèle, il a été représentant permanent à l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), au sein de laquelle il a été élu Président indépendant du Conseil, de novembre 2001 à novembre 2005.

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Driss Yazami, chargé des relations avec la société civile

Ex-prisonnier politique, condamné à perpétuité par contumace. Né à 1952 à Fès, il est allé poursuivre ses études en France en 1970. Alors qu'il souhaitait mener des études en cinéma, les circonstances modifieront sa trajectoire; "j’étais inscrit à l’Idhec [Institut des hautes études cinématographiques, à Paris], j’avais une bourse, mais le conseiller culturel de l’ambassade de France, Robert Charasse, qui m’avait octroyé la bourse, m’a appelé après le bac pour me dire : "Avec le cinéma, vous ne pourrez pas faire vivre votre famille." Or j’étais l’aîné. Il était assez fin pour savoir que l’aîné, c’était la retraite des parents. Il m’a conseillé de faire l’école supérieure de commerce", déclarait-il au magazine Actuel. En France, il "rejoint le Mouvement des travailleurs arabes, syndicat mêlant étudiants et ouvriers du Maghreb et du Machrek, à l’initiative des premières grèves générales de 1973. Ses engagements lui valent de premiers ennuis avec la police, puis l’expulsion, en janvier 1975, vers le Maroc après une grève de la faim des sans-papiers", écrivait le magazine Jeune Afrique. Arrêté, relâché, harcelé par les services de renseignement puis condamné à perpétuité par contumace, il s'exile en 1977 en France, et fait connaitre la situation des droits de l'Homme au Maroc auprès de la Ligue française des droits de l’Homme et d’Amnesty International. De retour d'exil, en 1995, il milite au sein de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), puis fait partie des membres de l’Instance équité et réconciliation (IER). En 2007, il est choisi pour présider le Conseil de la communauté marocaine à l'étranger (CCME), et deviendra, en 2011, le président du Conseil national des droits de l'homme (CNDH).

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Abdeslam Bikrat, en charge de la logistique

Né le 1er janvier 1957 à Tifelt, dans la province de Khemisset, Abdeslam Bikrat est titulaire d'un d’un doctorat en droit public. Il a intégré la fonction publique en 1983 en tant qu'administrateur au ministère de l'intérieur. Après sa sortie de l'Institut royal de l'administration territoriale, il a été nommé en 1992 chef d'une circonscription à la préfecture de Fès Jdid Dar Dbibegh avant d'être promu, en 2002, gouverneur de la province d'Essaouira, gouverneur de la Province de Ouarzazate en 2009 et, en 2012, gouverneur de la préfecture de Salé. Le 1er février 2011, il a été nommé par le Roi au poste de Secrétaire général de la préfecture de Marrakech-Menara. Sa compétence, son sérieux et son sens de l'organisation lui vaudront d'être promu, en 2014, wali de la région Marrakech-Tensift-El Haouz.

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