MAROC
29/01/2016 08h:49 CET | Actualisé 29/01/2016 17h:25 CET

L'incroyable histoire de Larbi qui retrouve sa famille au Maroc après 25 ans d'errance aux Etats-Unis

L'incroyable histoire de Larbi qui retrouve sa famille au Maroc après 25 ans
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L'incroyable histoire de Larbi qui retrouve sa famille au Maroc après 25 ans

INSOLITE - L'histoire a ému plus de 5.000 personnes en trois jours. Un jeune compositeur et producteur américain, Seth Jones, a publié sur sa page Facebook l'incroyable histoire de Larbi Assaoui, vieil immigré marocain rencontré à Nashville aux Etats-Unis il y a quatre ans, et qui a fini par retrouver sa famille après plus de 25 ans d'errance au pays de l'oncle Sam.

Le récit est digne d'une tragi-comédie, avec un joli "happy end". Alors qu'il était en train d'arroser ses roses dans son jardin, le jeune américain est interpellé par un homme, Larbi, qui se promenait à vélo dans la rue. Jardinier passionné, Larbi lui explique qu'il va tuer ses roses s'il continue à les arroser comme cela. Après avoir échangé quelques mots, le vieil homme finit par lui demander s'il aime les légumes.

"Le lendemain, il y avait encore plus de légumes devant ma porte"

"Je lui ai répondu oui, et il m'a dit de l'attendre là pendant quelques minutes. Un peu plus tard, Larbi est revenu avec un sac plein de tomates, de poivrons et de concombres. J'ai essayé de lui donner 20$ mais il m'a dit que j'étais fou. Le lendemain, il y avait encore plus de légumes devant ma porte", écrit le jeune musicien. "Cela a continué jusqu'à ce que Larbi décide que je devais avoir mon propre potager. Il s'est alors mis à labourer mon jardin".

De cette rencontre est née une amitié, qui a poussé Seth Jones à vouloir en savoir plus sur la vie de ce parfait inconnu, qui vivait seul avec pour compagnie un petit chihuahua. Au cours des semaines, le jeune compositeur a fini par retracer l'histoire de Larbi, né à Taza, dans une fratrie de huit enfants. Après un mariage raté (sa femme est partie avec son fils) et la mort de son père, Larbi décide de rendre visite à sa soeur étudiante aux Etats-Unis, dans le Michigan, en 1989.

larbi 1989

Larbi lors de son arrivée aux Etats-Unis

Passage en prison

Pendant la fête de Thanksgiving, il rencontre un homme dans le Kentucky, qui lui promet de l'embaucher pour travailler dans son restaurant. Sans papiers, Larbi finit par se faire avoir par l'homme qui refuse de le payer. S'ensuit une série d'ennuis: nouveau mariage raté, usurpation de son identité et passage en prison pendant neuf mois en Louisiane.

Il finit par être libéré, passe de petit boulot en petit boulot, et noie son chagrin dans l'alcool. "Au moment où je l'ai rencontré, il souffrait d'une terrible dépression", écrit Seth Jones. "Les années semblaient lui avoir tout pris, sauf sa gentillesse et sa générosité".

C'est en fouillant sur Google que le jeune américain finit par rentrer en contact avec la soeur de Larbi, qui n'avait pas de nouvelles de lui depuis 25 ans. Le vieil homme a alors pu voir sa famille sur Skype, puis lors d'un voyage au Maroc.

Retrouvailles

"Comme tout le reste dans la vie de Larbi, le retour au Maroc n'a pas été simple. Son passeport avait été détruit dans un incendie. J'ai commencé à faire des recherches et j'ai appelé le consulat du Maroc pour essayer d'obtenir ses papiers. Au bout de deux ans, après avoir fait appel à des avocats spécialistes de l'immigration, effectué un voyage à New York, et donné un bakchich à quelques fonctionnaires marocains, le passeport de Larbi est enfin arrivé".

larbi et sa soeur

Larbi et sa soeur à son arrivée à l'aéroport

"Je vais me coucher en remerciant Dieu d'être un très mauvais jardinier" Quatre ans après leur première rencontre, Seth Jones et Larbi se sont ainsi rendus au Maroc en janvier. "Je l'ai regardé sortir de l'aéroport et tomber dans les bras de sa sœur qui ne l'avait pas embrassé depuis Thanksgiving en 1989. Je l'ai regardé pleurer dans les bras de sa mère qui pendant des années disait que son seul désir était de le revoir avant sa mort. Je l'ai regardé parler à ses neveux et nièces qui étudient pour devenir médecins, économistes et ingénieurs, et qui n'étaient même pas nés quand il a quitté le Maroc", écrit Seth Jones.

Avant de conclure: "Il me reste encore beaucoup de choses à faire, mais là je vais me coucher en remerciant Dieu d'être un très mauvais jardinier".

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