MAROC
27/01/2016 06h:16 CET | Actualisé 27/01/2016 08h:05 CET

Le Maroc régresse dans l'indice de perception de la corruption

Le Maroc régresse dans l'indice de perception de la corruption
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Le Maroc régresse dans l'indice de perception de la corruption

CORRUPTION - 88 sur 168 pays et un score de 36 sur 100. C'est la (faible) performance du Maroc dans le classement de l'indice de perception de la corruption de Transparency International, publié mardi 26 janvier.

Le Maroc perd 8 places et 3 points par rapport à l’édition 2014Dans ce 21e rapport annuel de l'ONG allemande qui classe les pays du monde du plus corrompu au plus vertueux, sur une échelle de 0 à 100, le Maroc perd ainsi 8 places et 3 points par rapport à l’édition 2014. Le Maroc est précédé dans ce classement par 15 pays d’Afrique et 9 de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord).

Dans la région du Maghreb, l’Algérie occupe la même place que le Maroc (88e), alors que la Tunisie fait sensiblement mieux (76e). Le Danemark, la Finlande est la Suède sont les pays les plus vertueux selon l’ONG, alors que l’Afghanistan, la Corée du Nord et la Somalie sont les plus corrompus.

Pour établir son indice de perception de la corruption, Transparency rassemble des avis d'experts au sein d'organisations, telles que la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, la Fondation allemande Bertelsmann.

"Image dégradée"

"Cet indice traduit l’image dégradée qu’ont de notre pays les agences spécialisées dans les questions de gouvernance et de lutte contre la corruption", écrit le bureau marocain de Transparency dans un communiqué. Et pour cause, "les signaux de recul par rapport aux promesses de lutte contre la corruption portées par le discours officiel depuis 2011 et la persistance de l’impunité sont, probablement, à l’origine de cette évaluation négative", ajoute l'ONG.

D'autres facteurs auraient, selon l'ONG, altéré "une image internationale déjà dégradée". Il s'agit de "l’adoption de la loi sur l’instance de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption et celle, en cours, sur l’accès à l’information". La raison? "Ces deux textes constituent en effet une régression manifeste par rapport aux dispositions constitutionnelles et aux engagements officiels", estime encore Transparency.

Il convient de préciser que l'Indice classe les pays selon la perception de la corruption, et non de la corruption, car il techniquement impossible de mesurer la corruption, qui se fait généralement loin des regards.

"Le rapport pénalise plutôt la petite corruption que la grande" "Le rapport pénalise plutôt la petite corruption que la grande. Parmi les pays les mieux classés, il y a des paradis fiscaux, comme la Suisse ou Singapour qui profitent de la corruption internationale sans que l’indice ne les incrimine. L’indice est plus orienté vers la dénonciation que vers la correction et la réforme", indiquait au HuffPost Maroc Abdeslam Aboudrar, président de l’Instance centrale de prévention de la corruption, lors de la publication du dernier indice.

La publication du nouvel indice de l’ONG coïncide avec la présentation officielle de la stratégie nationale de lutte contre la corruption, prévue ce mercredi 27 janvier à Rabat. "Les mesures prévues par cette stratégie couvrent différents aspects de la question de la lutte contre la corruption, notamment la mise à niveau de l'aspect institutionnel et juridique, l'activation de la dimension prévention et répression et le renforcement de l'aspect éducation et sensibilisation", avait indiqué le Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane lors de son adoption en décembre dernier.

Le ministère de la Justice et des libertés avait lancé en juin dernier un numéro vert pour dénoncer la corruption. Le ministre Mustapha Ramid qui était présent le 2 novembre dernier devant la Commission de la Justice, législation et droits de l'Homme de la première chambre avait affirmé que la ligne anti-corruption recevait plus de 6.000 appels quotidiennement.

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