ALGÉRIE
27/01/2016 09h:47 CET | Actualisé 27/01/2016 09h:56 CET

Indice de perception de la corruption: L'Algérie au 88e rang en 2015, même score qu'en 2014

DR

L'Algérie s'est maintenu au même niveau de scores qui figure dans le rapport de la perception de la corruption en 2015 de l'ONG Transparency International (TI), rendu public mercredi 27 janvier. Comme en 2014 et en 2013, le pays a obtenu la note de 36 sur 100, un score qui prouve, selon des observateurs, l'absence de "volonté politique" de combattre la corruption.

Même si l'Algérie a amélioré son rang en figurant à la 88e place dans ce classement de 2015 (100e en 2014), ce saut doit être relativisé selon l'l'Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC). Il s'explique par le nombre inférieur de pays jaugés par Transparency (168 en 2015 contre 175 l'année précédente), ainsi que par le nombre important de pays (7) figurant au même rang que l'Algérie, dont le Maroc et l'Egypte.

L’Algérie occupe ainsi la 17e place en Afrique et 9e dans la région du Maghreb et Moyen-Orient (MENA).

"Ce très mauvais score confirme l’absence de volonté politique du gouvernement algérien" de lutter contre la corruption, a estimé l'AACC dans un communiqué publié le même jour.

L'ONG Transparency International, basée à Berlin, établit chaque année ce rapport sur la perception de la corruption dans le secteur public. Il classe les pays du plus corrompu au plus vertueux en les évaluant sur une échelle de 0 à 100.

Le travail de TI s'appuie sur des données collectées par 12 organismes internationaux, dont la Banque mondiale, la Banque africaine de développement ou encore le Forum économique mondial.


Une performance très peu reluisante

La performance de l'Algérie est "très peu reluisante" a indiqué l'AACC. "La ratification par l’Algérie en 2004 de la Convention des Nations Unies contre la corruption et la promulgation de la loi du 20 février 2006 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption n’auront servi à rien", a encore martelé l'association.

Pour l'AACC, l'Algérie ne pourra pas améliorer son score sur cet indice tant que les procès sur les grands scandales de corruption dans le pays épargnent "les principaux commanditaires [...] protégés en toute impunité".

Plusieurs procès d'affaires de corruption ont eu lieu en 2015 et début 2016, dont l'affaire dite "Sonatrach 1" où le nom de Chakib Khelil est souvent cité. L'ancien ministre de l'Energie, actuellement résidant aux Etats Unis, n'est jamais paru devant un tribunal, ni comme témoin, ni comme accusé.

La justice, rappelle l'AACC, doit être indépendante pour effectivement lutter contre la corruption. L'association met également en cause le harcèlement des dénonciateurs de la corruption et des organismes indépendants du pouvoir.

L'AACC critique aussi la loi du 20 février 2006 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, jugée non conforme à l’esprit et à la lettre de la Convention des Nations Unies contre la corruption.

L'association indépendante dénonce enfin "l'inefficacité et l'inertie" des organismes étatiques censées œuvrer pour la bonne gouvernance, à l'image de l’Organe national de prévention et de lutte contre la corruption (ONPLCC), de l’Office central de répression de la corruption, de la Cour des comptes, de l’Inspection générale des finances (IGF) et de la Cellule du traitement du renseignement financier.

LIRE AUSSI:Corruption: les pays émergents, Brésil en tête, inquiètent Transparency International

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.


Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.