ALGÉRIE
26/01/2016 00h:57 CET | Actualisé 26/01/2016 00h:57 CET

Syrie : les pourparlers de paix de Genève reportés à vendredi

L'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura à Genève, le 25 janvier 2016
AFP
L'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura à Genève, le 25 janvier 2016

Les pourparlers de paix entre l'opposition syrienne et le régime de Damas, qui devaient initialement commencer lundi à Genève, débuteront vendredi sous l'égide de l'ONU, a annoncé l'émissaire spécial des Nations unies pour la Syrie.

Ce report est dû à "un blocage" sur la composition des délégations, a expliqué Staffan de Mistura au cours d'une conférence de presse, ajoutant que les invitations seront envoyées mardi.

L'émissaire de l'ONU est depuis plusieurs semaines sous la pression du secrétaire d'Etat américain John Kerry et de son homologue russe Sergueï Lavrov pour faire démarrer les discussions entre les Syriens au plus tôt.

Les pourparlers de Genève doivent porter sur la feuille de route établie en décembre 2015 par le Conseil de sécurité de l'ONU qui prévoit un cessez-le-feu, un gouvernement de transition dans les six mois et des élections dans les 18 mois.

"Il n'y aura pas de cérémonie d'ouverture", a indiqué M. de Mistura. Les participants discuteront en priorité de "cessez-le-feu" et d'"aide humanitaire", a-t-il dit, ajoutant que "chaque jour perdu est un jour perdu pour le cessez-le-feu et l'aide humanitaire".

L'opposition sous pression

M. Kerry a déclaré avoir multiplié au cours des dernières heures les consultations avec ses homologues français, turc, russe et saoudien et avec M. de Mistura, pour "être sûr que tout le monde est sur la même ligne".

La guerre civile en Syrie, qui dure depuis cinq ans, a déjà donné lieu à deux séries de négociations à Genève, appelées Genève 1 et Genève 2, mais qui n'ont débouché sur aucun résultat.

Ces pourparlers ne "sont pas un Genève 3", a dit M. de Mistura, espérant que ce sera "une success story à la genevoise".

La coalition de l'opposition syrienne, la principale composante de l'opposition en exil constituée le mois dernier à Ryad et qui compte en son sein d'importantes factions rebelles armées, a formé une délégation pour participer aux négociations, mais en sont exclus le principal parti kurde et d'autres responsables de l'opposition.

La Russie, pays allié du régime de Bachar al-Assad, a cherché à faire participer certains d'entre eux aux pourparlers soit dans le cadre d'une délégation élargie soit d'une délégation parallèle.

Mais la coalition de l'opposition a accusé Moscou de chercher à inclure des personnalités proches du régime et a menacé de boycotter les négociations si d'autres représentants de l'opposition y étaient invités.

M. de Mistura a refusé de donner des détails sur les personnes qui seront invitées à Genève.

"Les consignes du Conseil de sécurité de l'ONU" sur ces pourparlers sont d'"inclure le plus (grand nombre) possible de personnes", a-t-il dit, souhaitant notamment que des femmes et des représentants de la société civile y prennent part.

"Il n'y a pas de +conditions préalables+" pour venir à Genève, a-t-il affirmé. Le message est "venez ici et discutons de ce qui vous préoccupe".

Selon un opposant syrien, Fouad Aliko, des représentants de l'opposition se réuniront mardi à Ryad pour décider de participer ou non aux pourparlers de Genève.

Nouvelles attaques de l'EI

L'opposition insiste sur l'application du communiqué de Genève qui prévoit un "organe gouvernemental de transition" pour succéder à Bachar al-Assad dont elle exige le départ.

La coalition nationale de l'opposition a nommé négociateur en chef pour les pourparlers Mohamed Allouche, membre du bureau politique du groupe armé rebelle Jaich al-Islam, soutenu par l'Arabie saoudite. Ce choix a été aussitôt critiqué par les opposants de l'intérieur, ainsi que par Moscou.

Dans le même temps, le directeur d'Europol, Rob Wainwright, a averti lundi que le groupe jihadiste Etat islamique (EI) disposait désormais d'"une nouvelle capacité de combat pour effectuer une campagne d'attaques d'ampleur" concentrées en particulier sur l'Europe.

Les analystes d'Europol sont convaincus que l'EI "prépare de nouvelles attaques (...) dans des Etats membres de l'UE, et en particulier en France", selon un rapport présenté par M. Wainwright à l'occasion de l'inauguration officielle à Amsterdam d'un nouveau Centre européen de contre-terrorisme.

Sur le terrain, au moins 23 personnes, la plupart des combattants du groupe rebelle islamiste Ahrar al-Cham, ont été tuées lundi dans un attentat au camion piégé à Alep, grande ville du nord de la Syrie, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

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