MAROC
26/01/2016 14h:07 CET | Actualisé 26/01/2016 14h:08 CET

Pourquoi le tremblement de terre de Nador aurait pu être dévastateur

Pourquoi le tremblement de terre de Nador aurait pu être dévastateur
Pourquoi le tremblement de terre de Nador aurait pu être dévastateur

RISQUES SISMIQUES - Alors que la vie reprenait son cours lundi 25 janvier au soir à Nador, après une secousse tellurique au large de la ville de magnitude de 6,3 sur l'échelle de Richter, une nouvelle secousse de magnitude de 3,7 a été ressentie mardi à la mi-journée au large des provinces de Nador et Al Hoceima.

La secousse enregistrée lundi, particulièrement forte, n'est pas la première de cette ampleur que le Maroc ait connue. En 1994 et 2004, le royaume avait été frappé par d'importants tremblements de terre, de magnitude de 6 et 6,3 sur l'échelle de Richter. "Cela confirme une certaine cyclicité qui toucherait la région", explique au HuffPost Maroc Bouchta El Fellah, chercheur à l'Institut scientifique à Rabat, chargé de la cellule de vigilance vis-à-vis des risques naturels.

Si plus de 600 personnes avaient trouvé la mort lors du tremblement de terre de 2004, les habitants de Nador l'ont cette fois-ci échappé belle. "Le fait que la secousse tellurique ait eu lieu en pleine mer a permis au choc d'être amorti par la masse de la mer. Par chance, on a été épargnés", poursuit le chercheur. Aucune perte humaine n'a en effet été enregistrée suite au tremblement de terre lundi, ont assuré les autorités locales de Nador dans un communiqué, malgré la panique semée parmi les habitants.

Une quinzaine de blessés ont tout de même été recensés, selon le porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, qui a répondu mardi à une question orale au parlement. Parmi eux, deux personnes ont été hospitalisées. Les secousses, survenues à 4h22 du matin, auraient pourtant pu faire des centaines de victimes, prises au dépourvu en pleine nuit sous le toit de leur maison. "L'heure de la secousse est en effet décisive concernant le nombre de victimes et l'importance des dégâts", précise M. Fellah.

Le choc entre la plaque Afrique-Eurasie a tout de même provoqué plusieurs dégâts dans les rues de Melilla, enclave espagnole au nord du Maroc, notamment des fissures dans des immeubles et des chutes de briques, comme en témoignent les photos publiées sur les réseaux sociaux.

Si l'on ne peut jamais prévoir de telles secousses, "on peut toujours s'y attendre", indique le spécialiste. "Vu les connaissances acquises en la matière et les données scientifiques dont on dispose, on peut en effet dire que telle région est susceptible de subir des événements sismiques de cette ampleur", ajoute-t-il.

A l'échelle nationale, parmi les régions les plus vulnérables, on retrouve Al Hoceima, mais aussi la zone entre le Haut-Atlas et le Moyen-Atlas, et le sud rifain, du Gharb jusqu'à l'Oriental. "Ces zones sont susceptibles de subir des événements sismiques de temps en temps, mais la zone la plus vulnérable reste concentrée dans le nord-est de la région du Rif", explique M. El Fellah.

Si des répliques peuvent être enregistrées pendant plusieurs jours après la première secousse, une nouvelle frappe encore plus forte est difficilement envisageable.

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