MAROC
26/01/2016 08h:49 CET | Actualisé 26/01/2016 13h:37 CET

Exclusif: Des proches du présumé terroriste belgo-marocain Gelel Attar témoignent

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TÉMOIGNAGES - Dans l’entourage de Gelel Attar, c’est l’incompréhension. Pour beaucoup de ses proches, le jeune homme de 26 ans, arrêté mi-janvier à Mohammedia, n'avait pas l'image d'un "voyou" comme Amedy Coulibaly ou les frères Kouachi, auteurs des attentats de Paris il y a un an, passés de la petite délinquance à la radicalisation djihadiste. Il avait même tout d'un "garçon normal".

Pourtant, selon un document de la Sûreté de l'Etat belge rendu public mardi 26 janvier, des "activités suspectes" avaient lieu dans l'appartement bruxellois de Gelel Attar. Selon le document, "des individus radicalisés se retrouvaient régulièrement dans l'appartement pour préparer des actes terroristes", et les réunions portaient notamment sur "la manière de mettre la main sur des armes de guerre et des explosifs".

"Un inconnu au bataillon"

Nous avons interrogé plusieurs proches, voisins et amis de Gelel dans le quartier de Molenbeek, à Bruxelles. Molenbeek, c'est le nom de cette commune belge devenue tristement célèbre depuis l'annonce de l'implication de beaucoup de ses habitants dans les attentats de Paris en novembre dernier. Tous les projecteurs médiatiques s'étaient alors braqués sur ce quartier. C'est aussi là qu'a vécu Gelel entre 2011 et 2013. Pour ses voisins, c'est l'étonnement.

Dans le quartier, l’ambiance reste tendue et les habitants méfiants.

Dans le quartier, l’ambiance reste tendue et les habitants méfiants. Depuis les attentats du 13 novembre, les Molenbeekois se sentent stigmatisés. Si certains refusent de nous parler, d’autres préfèrent témoigner anonymement.

"Un inconnu au bataillon", selon un habitant du quartier qui dit ne jamais avoir entendu parler mal de lui. Imad, humoriste et travailleur au Samu Social à Bruxelles, a pour sa part connu Gelel durant sa scolarité. C’est un bon ami à lui. "Gelel ne fume pas, ne boit pas, il n’a aucun 'vice'... C'est quelqu'un de calme et poli, je ne l’ai jamais entendu mal parler. Je suis étonné de tout ce que j’entends, on allait à la même école, on jouait très souvent au foot ensemble. C'était un garçon apparemment sans problèmes", nous confie-t-il.

"Malgré de lourdes épreuves, il subissait, il ne se plaignait pas. C'était quelqu'un de très discret, il ne traînait d'ailleurs jamais en groupe. La dernière fois que j'ai échangé avec lui, c'était il y a quelques mois, il m'avait contacté via Facebook, on avait bien rigolé, on se souvenait de nos moments de délires. C'était une discussion normale, je n'ai rien vu venir", ajoute le jeune homme.

"Un garçon de bonne famille"

Même son de cloche chez Jamila (nom d'emprunt), une voisine. "Je vis dans le même quartier que Gelel, on a été dans la même école durant plusieurs années. C'était un garçon respectueux, de bonne famille. Il côtoyait mes frères qui l'apprécient beaucoup. On ne comprend pas comment peut-il avoir des liens avec ces djihadistes", dit-elle.

C'est pourtant depuis la Belgique que le jeune homme était parti faire un bref séjour en Syrie en 2013

C'est pourtant depuis la Belgique que le jeune homme était parti faire un bref séjour en Syrie en 2013, via la Turquie, avec son ami Chakib Akrouh, l'un des kamikazes morts pendant l'assaut de Saint-Denis. Gelel Attar aurait aussi eu des contacts avec Abdelhamid Abaaoud, terroriste belgo-marocain également mort à Saint-Denis.

Soutien à la France?

Détail étonnant: sur son profil Facebook (toujours actif), Gelel Attar avait rendu hommage à la France au lendemain des attentats de Paris, en superposant à sa photo de profil le drapeau tricolore. Un de ses amis lui avait alors fait cette remarque : "il est ou le drapeau de Palestine ou de Syrie?" Question à laquelle il avait répondu: "on s en fou de la Palestine Et la sirye !!!"(sic).

Si Gelel Attar n'a pas de passé judiciaire, il s'est néanmoins fait connaître lors d'une affaire liée au terrorisme en juillet 2015, un dossier dit "Zerkani", du nom d'un des plus importants recruteurs de djihadistes belges ces dernières années. Il a été condamné par contumace à cinq ans de prison, mais était absent lors des audiences.

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