ALGÉRIE
25/01/2016 12h:21 CET | Actualisé 25/01/2016 12h:22 CET

Libye: Le gouvernement d'union rejeté par le parlement de Tobrouk

Manifestation à Tripoli, le 8 janvier 2016, contre l'accord parrainé par l'ONU pour la formation d'un gouvernement d'unité nationale
AFP
Manifestation à Tripoli, le 8 janvier 2016, contre l'accord parrainé par l'ONU pour la formation d'un gouvernement d'unité nationale

Le gouvernement d'union nationale formé mardi dernier en Libye, en application d’un accord parrainé par l'ONU a échoué, ce lundi, à obtenir l’appui du parlement dit de Tobrouk, qui est reconnu par la communauté internationale.

Une majorité de députés, réunis à Tobrouk, a rejeté le gouvernement d'union nationale que dirige Fayez el-Sarraj, qui est arrivé, le jour même du voté négatif, à Alger pour discuter de

l'évolution de la situation en Libye.

"Nous avons voté le refus de la confiance au gouvernement et nous demandons (...) que soit présenté un nouveau gouvernement", a déclaré à l’AFP un député, Ali al-Gaydi, à l'issue d'une session du parlement réuni à Tobrouk.

"Des 104 députés présents aujourd'hui, 89 ont dit non" à un cabinet de 32 ministres proposé par le conseil présidentiel dirigé par l'homme d'affaires tripolitain Fayez el-Sarraj, a indiqué M. al-Gaydi.

Pour bénéficier de la confiance des parlementaires, le gouvernement d'el-Sarraj aurait dû recueillir 119 voix, soit les deux tiers plus un. Le parlement a "rejeté ce gouvernement à cause du nombre des ministres", jugé trop important, a déclaré à l'AFP le député el-Salhine Abdelnabi. Il a réclamé qu'un nouveau gouvernement plus restreint lui soit proposé.

Même si les propos du député laissent entendre qu’il ne s’agit pas d’un refus de principe du gouvernement d’union, le vote du parlement porte un coup dur aux espoirs d’une entrée de la Libye sur le chemin de la réconciliation et de l’unité.

Un pays, trois gouvernements

La raison invoquée, le nombre des ministres, pourrait n’être qu’un prétexte. L’accord parrainé par l’Onu prévoyant ce gouvernement d’union nationale est critiqué de toute part. Le président du parlement reconnu (Tobrouk) , Aguila Saleh, a déjà exprimé son rejet.

Tout comme le général Khalifa Haftar, commandant des forces loyales au pouvoir reconnu. L’accord est également contesté par le Congrès général national (CGN) et son gouvernement de salut national' installé à Tripoli.

La communauté internationale espérait que le parlement de Tobrouk valide le gouvernement d’union nationale afin d’entamer une dynamique de réunification. Le vote des députés refroidit les espérances.

En attendant, une éventuelle approbation après une réduction de l’équipe de Fayez el-Sarraj, la Libye qui était déjà avec deux gouvernements se retrouve de facto avec trois autorités portant des dénominations différentes : "Gouvernement libyen provisoire", "Gouvernement de salut national" et "Gouvernement d'union nationale".

Fayez el-Sarraj à Alger

Signe évident de fragilité que le gouvernement d’union nationale formé le 19 janvier est, pour l’instant, limité à un 'conseil présidentiel' établi à … Tunis alors qu’il est censé siéger à Tripoli.

Le chef du gouvernement d'union libyen, Fayez el-Sarraj, était, lui, à Alger pour discuter de l'évolution de la situation en Libye. M. Fayez el-Sarraj a été accueilli par le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal et Abdelkader Messahel ministre des Affaires maghrébines.

Une visite qui s'inscrit dans le cadre de "la poursuite des efforts de l'Algérie pour le parachèvement de la solution politique consensuelle entre Libyens, seule à même de préserver la souveraineté de ce pays frère et voisin, son intégrité territoriale et l'unité de son peuple", ont indiqué les services du Premier ministre.

L'Algérie, indique le communiqué officiel, appuie la Libye qui fait face à de multiples défis, notamment ceux liés à "la mise en place de nouvelles institutions, la lutte contre le terrorisme et le rétablissement de la paix et de la sécurité.

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